CleanCore Solutions mise gros sur Dogecoin. La société américaine, cotée en bourse, vient de franchir un seuil symbolique : plus de 500 millions de DOGE désormais en trésorerie. Ce mouvement marque un tournant stratégique assumé, dans un contexte où le premier ETF Dogecoin au comptant, attendu par le marché, a de nouveau été repoussé. Entre ambition spéculative et stratégie d’entreprise, le pari de CleanCore soulève autant d’espoirs que de doutes.
Une accumulation massive en pleine phase d’accélération
Le 12 septembre, CleanCore Solutions a confirmé avoir franchi le cap des 500 millions de DOGE en trésorerie. Cette annonce intervient après l’acquisition de 130 millions de dollars en Dogecoin, dont un achat majeur de 285,42 millions de DOGE réalisé en début de semaine. L’entreprise prévoit d’atteindre 1 milliard de DOGE dans un délai de 30 jours, selon son plan initial.
« Franchir le seuil de 500 millions de DOGE démontre la vitesse et l’ampleur avec lesquelles ZONE exécute sa stratégie de trésorerie », a déclaré Marco Margiotta, directeur des investissements de CleanCore, cité dans le communiqué officiel. L’objectif est clair : renforcer la position de l’entreprise sur le marché crypto, tout en inscrivant DOGE comme un actif stratégique à long terme.
Un projet structuré, appuyé par un financement ciblé
Pour financer cette offensive, CleanCore avait lancé le 3 septembre un placement privé de 175 millions de dollars, avec pour seul objectif l’achat de Dogecoin. Si cette annonce avait provoqué une chute brutale du titre en bourse (-60 %), l’opération a été finalisée avec succès dès le 5 septembre, confirmant l’engagement du groupe dans cette stratégie non conventionnelle.
Margiotta, également PDG de House of Doge, a précisé que cette accumulation servait une vision plus large : « établir Dogecoin comme un actif de réserve de premier plan tout en soutenant son utilité plus large dans les paiements, la tokenisation, les produits de type jalonnement et les envois de fonds mondiaux ».
Vers une nouvelle fonction du DOGE dans l’économie numérique ?
Au-delà de l’objectif de court terme, CleanCore affiche une ambition bien plus large : faire de Dogecoin un actif de réserve au sein de son bilan, mais aussi un outil opérationnel dans plusieurs segments économiques. « La société a l’intention d’établir Dogecoin comme un actif de réserve de premier plan tout en soutenant son utilité plus large dans les paiements, la tokenisation, les produits de type jalonnement et les envois de fonds mondiaux », a déclaré Marco Margiotta, dans une déclaration officielle distincte.
Cette approche marque une rupture avec l’image traditionnelle du DOGE, souvent perçu comme un actif spéculatif ou un “meme coin”. En collaboration avec la Fondation Dogecoin et la House of Doge, CleanCore a également été la première entreprise cotée à structurer un bon du Trésor libellé en DOGE, affirmant ainsi son intention de l’intégrer dans une logique d’actif durable.
Une stratégie soutenue par le marché… à court terme
Dans la foulée de cette communication, l’action ZONE (CleanCore Solutions) a terminé la séance de jeudi à 3,98 dollars, avant de s’envoler de 11,81 % lors des échanges après la clôture, pour atteindre 4,45 dollars, selon Google Finance. Cette reprise intervient malgré une baisse précédente de 60 %, intervenue lors de l’annonce du placement privé. Depuis le début de l’année, le titre reste néanmoins en hausse de plus de 200 %.
Du côté de Dogecoin, la dynamique reste positive, avec une hausse de près de 23 % sur les sept derniers jours, d’après les données de CoinGecko. Cette corrélation entre annonces stratégiques et réactions du marché laisse entrevoir une forme de validation partielle du projet par certains investisseurs.
Si CleanCore semble vouloir inscrire Dogecoin dans une logique de trésorerie d’entreprise, comparable à celle adoptée par certaines sociétés avec le bitcoin, la stratégie reste marginale à l’échelle du marché. Le retard du lancement du premier ETF DOGE au comptant, désormais attendu la semaine prochaine selon l’analyste Eric Balchunas, souligne les incertitudes qui pèsent encore sur l’institutionnalisation de Dogecoin.
