La Guinée franchit un cap stratégique en accueillant pour la première fois le Transform Africa Summit, un événement phare du numérique africain. Prévue du 12 au 14 novembre 2025, cette 7ᵉ édition consacrée à l’intelligence artificielle (IA) signe une nouvelle étape dans l’intégration technologique du continent.
La Guinée, nouvel épicentre du numérique africain
Conakry accueillera, pour la première fois de son histoire, le Transform Africa Summit (TAS), organisé par la Smart Africa Alliance. L’annonce marque une rupture symbolique et géographique.
En effet, cette 7ᵉ édition du sommet, habituellement tenue en Afrique de l’Est, s’installe cette fois en Afrique de l’Ouest. Le choix de la capitale guinéenne, du 12 au 14 novembre 2025, positionne le pays comme un acteur émergent de la transformation digitale continentale.
La thématique retenue, « IA pour l’Afrique : innover localement, impacter globalement », oriente les discussions vers les enjeux de souveraineté technologique et d’ancrage des solutions d’intelligence artificielle dans les contextes locaux.
Pour la ministre guinéenne de l’Économie numérique et des Télécommunications, Rose Pola Pricemou, cette nomination est un tournant stratégique pour le pays. Elle y voit une opportunité de valoriser les capacités nationales et régionales en matière de technologie, tout en renforçant l’attractivité de la Guinée dans les cercles d’investissement et d’innovation numérique.
À travers cette reconnaissance, la Guinée cherche aussi à consolider sa posture au sein de la CEDEAO et à démontrer son engagement pour une gouvernance technologique inclusive. Le TAS 2025 pourrait ainsi agir comme levier de réforme des politiques publiques autour du numérique, avec un accent sur les infrastructures, les compétences numériques et la réglementation de l’IA.
Un sommet au service d’un écosystème continental structurant
Le Transform Africa Summit 2025 réunira chefs d’État, institutions régionales, investisseurs, entrepreneurs et innovateurs. L’objectif affiché par la Smart Africa Alliance est clair : catalyser la transformation numérique de l’Afrique autour de projets concrets, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle comme moteur de développement. Concrètement, il s’agira de créer un espace de coordination stratégique entre décideurs publics et acteurs privés pour structurer les futurs cadres de l’IA sur le continent.
Ce positionnement régional s’inscrit dans une dynamique plus large : faire de l’IA un pilier du développement durable en Afrique. Les discussions attendues porteront notamment sur l’adoption de cadres réglementaires, la gestion éthique des données, le financement de projets IA et le soutien aux startups technologiques. En misant sur une approche localisée de l’innovation, le TAS 2025 veut mettre en lumière les solutions conçues par et pour les Africains, adaptées aux réalités sociales, économiques et linguistiques du continent.
Cette orientation est conforme à la feuille de route de Smart Africa, qui vise à construire un marché numérique unique africain. Dans cette perspective, le sommet de Conakry s’annonce comme un point de bascule : il ne s’agit plus seulement de discuter d’IA, mais d’en faire un vecteur opérationnel de croissance et de souveraineté technologique.
Le pari de Conakry ne sera réussi que si les décisions prises débouchent sur des actions tangibles. Pour cela, la mobilisation des écosystèmes locaux, la structuration d’incubateurs régionaux et le soutien des bailleurs internationaux seront déterminants.