Gemini franchit une nouvelle étape dans son expansion européenne. L’exchange fondé par les frères Winklevoss vient de lancer dans l’Espace économique européen une offre combinant produits dérivés en USDC et solutions de staking pour l’ether et le solana. Cette annonce intervient dans un contexte stratégique, marqué par l’entrée en vigueur du règlement MiCA et l’encadrement des dérivés sous MiFID II, qui ouvrent la voie à une intégration plus large des services crypto dans le cadre réglementaire européen.
Une xpansion stratégique validée par l’Europe
Gemini a consolidé sa présence sur le marché européen en s’appuyant sur un cadre réglementaire clair. Après avoir obtenu en mai une autorisation au titre de la directive européenne sur les marchés d’instruments financiers (MiFID II), la société a décroché en août une approbation à Malte dans le cadre du règlement MiCA.
Pour Mark Jennings, responsable Europe de l’exchange, cette double conformité marque un tournant : « Notre objectif est d’être l’un des principaux échanges en Europe, et maintenant que nous avons une gamme complète de produits, y compris l’échange au comptant, le jalonnement et les perpétuels dans l’UE à partir d’une seule interface, nous pensons que nous sommes un concurrent sérieux. »
Ces autorisations permettent à Gemini de proposer une offre intégrée qui combine trois volets : le trading au comptant, le staking d’ether et de solana, ainsi que les contrats perpétuels libellés en USDC. Cette approche unifiée vise à séduire aussi bien les investisseurs particuliers que les professionnels, en leur offrant un accès centralisé à l’ensemble des outils nécessaires pour investir, diversifier et gérer leur exposition aux cryptomonnaies au sein d’un environnement réglementé.
Les dérivés prennent le relais du marché spot
Le lancement de contrats perpétuels en Europe s’inscrit dans une tendance marquée par la baisse du trading au comptant. Selon les données de TokenInsight, les volumes spot ont chuté de 32 % au deuxième trimestre 2025 pour atteindre seulement 3,6 billions de dollars. Dans le même temps, les produits dérivés ont généré 20,2 billions de dollars de transactions. « Le marché mondial des produits dérivés a explosé ces derniers mois », a souligné Mark Jennings, estimant que ce secteur pourrait atteindre une valeur de 23 000 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.
Cette évolution traduit un basculement des stratégies des investisseurs. Alors que les volumes spot ralentissent malgré la hausse du prix du Bitcoin, les produits dérivés offrent de nouvelles perspectives. Ils permettent de gérer le risque plus finement, de spéculer sur des mouvements de prix à la hausse comme à la baisse et d’adopter des stratégies complexes d’exposition. Pour Gemini, cette dynamique constitue une opportunité pour renforcer son positionnement sur un segment en pleine expansion, particulièrement attractif pour les acteurs institutionnels et les traders aguerris.
L’essor du jalonnement confirme l’appétit croissant des investisseurs européens pour des solutions génératrices de rendement. D’après CoinLaw, la participation au staking dans l’UE a progressé de 39 % en 2025, tandis que les dépôts d’ether ont bondi de 28 % pour atteindre 90 milliards de dollars. Cette dynamique illustre la montée en puissance d’un marché où les particuliers sophistiqués comme les institutions cherchent à maximiser l’utilisation de leurs actifs.
Pour Gemini, l’enjeu est double, qui est de capter cette demande avec une offre centralisée et intégrée tout en garantissant une conformité stricte aux cadres réglementaires MiCA et MiFID II. Cette stratégie pourrait renforcer sa légitimité face à des concurrents déjà implantés en Europe. À plus long terme, l’introduction en Bourse aux États-Unis, avec la vente prévue de 16,67 millions d’actions pour lever jusqu’à 317 millions de dollars, pourrait offrir à l’exchange de nouveaux moyens pour consolider sa place sur un marché en pleine mutation.
