Ezeebit lève 2 millions de dollars pour développer les paiements en stablecoin en Afrique

Dans un contexte où la saisie crypto et la conformité réglementaire deviennent des enjeux majeurs pour les acteurs du secteur, une startup sud-africaine attire l’attention des investisseurs internationaux. Ezeebit vient de sécuriser un financement stratégique pour accélérer le déploiement de paiements en stablecoin sur plusieurs marchés africains clés. Une opération qui illustre la montée en puissance d’infrastructures cherchant à relier finance traditionnelle et crypto-actifs, tout en répondant aux contraintes locales.

Une levée de fonds ciblée pour accélérer les paiements en stablecoin

Ezeebit, société sud-africaine spécialisée dans les infrastructures de paiement en cryptos, a clôturé une levée de fonds d’amorçage de 2,05 millions de dollars, soit environ 34,9 millions de rands. Le tour de table est mené par Raba Partnership, investisseur précoce de la fintech nigériane Flutterwave, avec la participation du fonds américain Founder Collective.

Selon la startup, ce financement vise à soutenir le développement de ses produits et à accélérer l’adoption de sa solution par les commerçants en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigeria. Les fonds serviront également à renforcer les partenariats avec des banques, des prestataires de services de paiement et des opérateurs télécoms. David Frankel, cofondateur de Founder Collective, résume l’enjeu :  

« Des millions de personnes possèdent des cryptomonnaies mais ne peuvent pas les dépenser ; les commerçants ont besoin de rails plus rapides et moins chers, mais les systèmes hérités les excluent ».

Il ajoute :

 « Ezeebit construit le pont ».

Ezeebit se positionne comme une interface entre les détenteurs de cryptos et les commerçants encore dépendants d’infrastructures jugées lentes et coûteuses. La plateforme permet aux enseignes d’accepter des paiements en cryptos, tout en bénéficiant d’un règlement instantané en stablecoins. Ce mécanisme réduit l’exposition à la volatilité et s’inscrit dans une logique de conformité, un point clé dans des environnements où la saisie crypto et les contrôles réglementaires se renforcent.

Une traction commerciale déjà mesurable

Depuis son lancement en 2023, Ezeebit affirme avoir traité plus de 30 000 transactions, pour une valeur brute cumulée de plusieurs millions de dollars. Parmi les commerçants utilisant la solution figurent iStore, Diesel, Le Creuset, Amiri ou encore Scoin.

La startup met en avant un autre argument central : le coût. Les frais facturés aux commerçants seraient généralement de 1 % ou moins, ce qui représenterait une économie moyenne de 68 % par rapport aux paiements par carte traditionnels. Daniel Katz, cofondateur et PDG d’Ezeebit, explique :

« Nous comblons cet écart en connectant la finance décentralisée et traditionnelle avec une couche de règlement en stablecoin conforme ».

L’essor d’Ezeebit s’inscrit dans un environnement régional spécifique. L’Afrique subsaharienne reste la région la plus coûteuse au monde pour les transferts d’argent. Dans certains pays, l’inflation persistante alimente aussi la demande pour des instruments plus stables.

Par ailleurs, la faible pénétration des cartes de crédit contraste avec une adoption massive de la monnaie mobile, des paiements par QR code et des transferts de compte à compte. Entre juillet 2024 et juin 2025, la région a enregistré 205 milliards de dollars de valeur on-chain, soit une hausse annuelle de 52 %, ce qui en fait la troisième région la plus dynamique au monde en matière de cryptomonnaies.

Amanda Herson, associée générale chez Founder Collective, souligne la dimension technique du projet :

« Ils ont construit une véritable infrastructure, incluant l’orchestration de portefeuilles, la couverture instantanée et des outils de conformité, qui font fonctionner les paiements crypto comme un simple tapotement de carte ».

À mesure que les flux en cryptos se structurent, les questions de conformité, de traçabilité et de saisie crypto deviennent centrales pour les entreprises opérant sur ces marchés. Des infrastructures comme celle d’Ezeebit pourraient jouer un rôle clé dans la normalisation des usages, en réduisant les frictions entre crypto-actifs et systèmes financiers traditionnels, sans promettre une disparition des contrôles réglementaires.

La levée de fonds d’Ezeebit illustre une tendance de fond : la professionnalisation des paiements en cryptos sur le continent africain. En misant sur les stablecoins, la conformité et des coûts réduits, la startup cherche à répondre à des contraintes structurelles bien identifiées. Reste à voir si ce modèle saura s’imposer durablement dans des juridictions où les enjeux réglementaires, y compris la saisie crypto, continueront de façonner l’évolution du secteur.

Brice G.
Brice G.
Je suis Brice G., journaliste rédacteur pour Africa Moon, média engagé dans la vulgarisation de la cryptomonnaie et de l’intelligence artificielle. Fasciné par l’évolution rapide des technologies numériques, je consacre ma plume à l’exploration de ces domaines qui redessinent les équilibres économiques et culturels. Mon ambition : produire un contenu clair, pédagogique et ancré dans l’actualité, afin de permettre à chacun de mieux comprendre les enjeux liés aux crypto-actifs et à l’IA. À Africa Moon, je crois au pouvoir de l'information pour accompagner la transformation numérique du continent africain.

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