À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans le secteur médical, le Saint-Siège appelle à une réflexion éthique globale. Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a rappelé lors d’un congrès international que les technologies de santé doivent rester au service de la personne humaine. Un positionnement clair, à la croisée des enjeux scientifiques, moraux et sociaux.
Une gouvernance éthique pour l’IA médicale
À l’occasion du congrès “Intelligence artificielle et santé pour une vie humaine intégrale”, tenu à Rome le 15 octobre 2025, le cardinal Parolin a réaffirmé la nécessité d’un cadre mondial partagé pour encadrer l’usage de l’IA dans la santé. Il a souligné que ces technologies doivent être régies par des principes clairs : transparence dans les algorithmes, responsabilité des concepteurs, inclusion des plus fragiles et sécurité des systèmes.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la Déclaration de Rome de 2020 sur l’éthique de l’intelligence artificielle, que le Vatican avait signée avec des acteurs majeurs comme Microsoft et IBM. L’initiative visait déjà à promouvoir une IA respectueuse de la dignité humaine, en posant les bases d’une coopération entre science, industrie et valeurs humanistes.
Pour le cardinal Parolin, la finalité de l’innovation technologique ne peut être réduite à la performance ou à l’efficacité. L’enjeu central reste le bien commun, et tout développement en santé doit être évalué à l’aune de ce qu’il apporte réellement à la personne soignée.
L’homme au centre de l’innovation technologique
Le Saint-Siège met en garde contre les dérives d’un usage non régulé de l’IA dans les soins de santé. Il alerte sur le danger de confier à des systèmes automatisés des décisions sensibles, sans supervision humaine ni possibilité de recours. Le cardinal insiste sur un principe fondamental : l’intelligence artificielle ne doit jamais remplacer l’homme, mais l’assister.
Pour répondre à ces défis, il appelle à une coopération interdisciplinaire, réunissant chercheurs, ingénieurs, décideurs publics et représentants religieux. Une approche collective qui permettrait d’élaborer des standards internationaux partagés, à la fois éthiques et opérationnels.
L’Église se positionne ainsi comme une voix morale dans la régulation technologique. Son rôle n’est pas de freiner l’innovation, mais d’en rappeler le sens. Chaque outil doit servir la dignité, l’autonomie et la vulnérabilité de l’être humain. Dans un domaine aussi sensible que la santé, cette exigence prend un relief particulier.