L’usage des stablecoins pourrait connaître une nouvelle révolution avec l’arrivée des agents d’intelligence artificielle. Mike Novogratz, PDG de Galaxy Digital, prédit que ces logiciels autonomes deviendront bientôt les principaux utilisateurs de monnaies numériques stables. Cette déclaration intervient alors que l’adoption des stablecoins s’accélère dans les paiements, soutenue par de grands acteurs comme Visa, Apple ou Shopify. Le croisement entre IA et finance numérique ouvre ainsi un champ inédit pour l’avenir du Web3 et des transactions automatisées.
Novogratz imagine une économie où les IA règlent l’addition
Lors d’une interview accordée à Bloomberg, Mike Novogratz a affirmé que « dans un avenir pas si lointain, le plus grand utilisateur de pièces stables sera l’IA ». Le patron de Galaxy Digital imagine un quotidien où un agent intelligent, capable de connaître les habitudes de consommation d’un individu, sera chargé de faire ses courses et de régler les paiements de manière autonome. « Votre agent d’épicerie, qui sait ce que vous aimez manger, sait que vous êtes au régime ou non, va déterminer quelles épiceries acheter où », a-t-il illustré.
Ces déclarations mettent en lumière le rôle stratégique des agents d’intelligence artificielle qui sont des entités capables d’agir de manière autonome, de percevoir leur environnement et d’exécuter des tâches sans supervision humaine constante. Contrairement aux systèmes actuels qui reposent encore sur des applications intermédiaires comme Venmo ou des institutions bancaires, ces agents utiliseraient directement des stablecoins pour effectuer des paiements automatisés.
Toutefois, Mike Novogratz admet qu’il est difficile de prévoir si cette transition se produira dans un ou cinq ans, mais il affirme qu’elle entraînera une explosion du volume des transactions en stablecoins.
Une adoption qui s’accélère dans les paiements
Les déclarations de Mike Novogratz s’inscrivent dans un contexte où l’usage des stablecoins gagne du terrain au sein des paiements mondiaux. Début juin, plusieurs médias ont rapporté qu’« au moins quatre entreprises technologiques, dont Apple, X, Airbnb et Google, explorent les pièces stables comme moyen de réduire les frais et d’améliorer les paiements transfrontaliers ». Cette tendance illustre l’intérêt croissant des géants du numérique pour un outil capable de fluidifier les transactions et d’élargir les options de règlement au-delà des circuits bancaires classiques.
Dans le commerce de détail, les initiatives se multiplient. Le distributeur Spar a introduit en Suisse la possibilité de régler ses achats en stablecoins et en cryptomonnaies. De son côté, Shopify a déployé un accès anticipé aux paiements en USDC via un partenariat avec Coinbase. À la fin juillet, Visa a renforcé son offre en ajoutant la prise en charge de nouveaux actifs numériques comme USDG, PYUSD et EURC. Ces développements s’accompagnent d’un constat fort : selon une enquête réalisée en mai auprès de 295 décideurs issus des banques, fintechs et passerelles de paiement, 90 % des institutions interrogées déclarent utiliser ou tester l’intégration de stablecoins dans leurs opérations.
Les agents d’IA au cœur du Web3
Les propos de Mike Novogratz font écho à ceux de certains acteurs de l’écosystème crypto. L’équipe de développement de Coinbase estime en effet que « ces systèmes sont sur le point de devenir les plus grands utilisateurs d’Ethereum ». Les agents d’IA, par leur autonomie et leur mode d’interaction différent des humains, nécessitent une infrastructure adaptée, capable de traiter des objectifs exprimés à haut niveau sans générer d’effets inattendus.
Plusieurs projets travaillent déjà dans cette direction. Adrian Brink, cofondateur d’Anoma, défend l’idée d’une blockchain basée sur l’intention, conçue pour répondre aux besoins spécifiques des agents autonomes. Dans le même esprit, la startup Kite AI a levé 18 millions de dollars en série A, portant son financement total à 33 millions de dollars.
Parmi les cas d’usage concrets, l’application décentralisée Clanker illustre ce nouveau champ d’expérimentation : cet agent d’IA crée des memecoins à partir d’instructions simples données par l’utilisateur. Début août, le service avait déjà généré plus de 34,4 millions de dollars de frais pour ses utilisateurs.
L’idée avancée par Mike Novogratz souligne une évolution possible du rôle des stablecoins, appelés à devenir le carburant monétaire d’une économie numérique automatisée. Si les agents d’IA se généralisent, ils pourraient provoquer une véritable explosion du volume de transactions en stablecoins, en particulier dans les secteurs liés aux paiements quotidiens et aux services Web3. Une telle dynamique placerait ces actifs au cœur des échanges numériques, avec un rôle bien plus large que celui d’outil de paiement alternatif.
Reste une inconnue majeure : le calendrier. En toile de fond, une question demeure ouverte : les stablecoins deviendront-ils l’infrastructure invisible de cette nouvelle économie numérique, ou leur adoption sera-t-elle freinée par des défis technologiques, réglementaires et sociétaux encore à résoudre ?
