La course à la présidence de la Réserve fédérale prend une tournure décisive. Alors que le mandat de Jerome Powell expire en mai prochain, Donald Trump examine déjà une liste de 11 candidats pour lui succéder. Ce choix, indispensable pour l’économie mondiale, attire l’attention bien au-delà des cercles financiers. Plusieurs prétendants affichent une position favorable aux cryptomonnaies. Un virage potentiel qui pourrait influencer à la fois la politique monétaire américaine et l’avenir des marchés crypto.
La fin de l’ère Powell et les enjeux de sa succession
Le mandat de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale touche à sa fin en mai prochain. S’il restera membre du conseil d’administration jusqu’en 2028, sa présidence s’arrête dans un contexte de forte attente des marchés. Lors d’une récente intervention, il a rappelé que « les cryptomonnaies sont devenues plus courantes » et que les banques devront « renforcer leur engagement envers ce secteur ». En décembre dernier, il avait même décrit le Bitcoin comme « davantage un concurrent de l’or que du dollar américain ».
Cette prudence, marquée mais non hostile, a caractérisé sa gestion face à la montée en puissance des actifs numériques. La Fed, en fixant les taux d’intérêt américains, exerce une influence directe sur la liquidité des marchés, en d’autres termes des taux bas stimulent l’investissement dans les actifs risqués comme les cryptos, tandis qu’un resserrement monétaire provoque souvent des ventes massives. La succession de Powell ne représente donc pas seulement un enjeu institutionnel, mais un signal déterminant pour l’avenir des marchés financiers et du secteur crypto.
Une liste élargie avec plusieurs profils ouverts aux cryptos
Parmi les 11 candidats évoqués par l’administration Trump, certains se distinguent par leurs prises de position favorables au secteur crypto. Rick Rieder, directeur des investissements chez BlackRock, a affirmé en 2024 que le Bitcoin pouvait « être un élément important du cadre de répartition des actifs » et que « les gens se sentiront de plus en plus à l’aise avec lui ».
Michelle Bowman, vice-présidente de la supervision à la Fed, a déclaré le 20 août que les employés de la banque centrale devraient pouvoir investir de petites sommes en crypto afin de développer « une compréhension pratique de la fonctionnalité sous-jacente ». Le gouverneur Christopher Waller a, de son côté, estimé que le secteur bancaire n’avait « rien à craindre » des paiements en cryptomonnaies opérant en dehors du système bancaire, les qualifiant de « simple nouvelle technologie ».
La liste des prétendants inclut également des figures reconnues du système monétaire américain : l’ancienne présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, l’ex-président de la Fed de St. Louis, James Bullard, le vice-président Philip Jefferson, ou encore l’ancien gouverneur Larry Lindsey. S’y ajoutent des personnalités issues de Wall Street comme David Zervos de Jefferies ou Marc Sumerlin, ancien conseiller économique de l’administration Bush. Selon Scott Bessent, secrétaire au Trésor, il s’agit de « candidats très forts » dont la présélection débutera dès le mois prochain.
L’intégration de profils pro-crypto dans cette short list pourrait modifier la perception institutionnelle des actifs numériques aux États-Unis. Si un candidat ouvert au secteur était choisi, la Fed enverrait un signal d’assouplissement qui renforcerait la légitimité du Bitcoin et des autres cryptos auprès des investisseurs institutionnels.
À l’inverse, la désignation d’un profil plus traditionnel prolongerait une approche prudente, retardant toute évolution majeure. Les marchés, déjà attentifs à chaque indice de politique monétaire, surveillent de près cette décision qui pourrait redessiner le cadre réglementaire et stratégique des cryptos pour les années à venir.
