La voix de Vitalik Buterin résonne bien au-delà de l’univers crypto. Le cofondateur d’Ethereum a averti que les systèmes fermés menacent la confiance et favorisent les abus. Dans un article publié mercredi, il a plaidé pour une infrastructure ouverte et vérifiable dans des secteurs essentiels comme la santé, la finance et la gouvernance. Son message souligne l’importance d’un modèle transparent face à la centralisation croissante des technologies.
Les risques liés aux systèmes fermés
Buterin a rappelé que « les civilisations qui ont le plus profité des nouvelles vagues de technologie ne sont pas celles qui ont consommé la technologie, mais celles qui l’ont produite ». Selon lui, la fermeture et l’opacité renforcent les positions dominantes et nourrissent la méfiance. Il estime que « l’ouverture et la vérifiabilité peuvent lutter contre la balkanisation mondiale ».
L’exemple du déploiement des vaccins contre le COVID-19 illustre son propos. Les chaînes de production et de communication verrouillées ont, selon lui, limité l’accès, favorisé la méfiance et alimenté les tensions sociales. À l’inverse, il a salué des initiatives ouvertes comme PopVax, qui réduisent les coûts et améliorent la transparence.
Les atouts d’une infrastructure ouverte
L’argument de Buterin s’étend aussi à la finance. Il a raconté avoir mis « cinq secondes » pour signer une transaction cryptographique, tout en comparant cette efficacité à « une demi-heure et 119 dollars » nécessaires pour envoyer un document juridique à l’étranger. Pour lui, les portefeuilles numériques et les systèmes basés sur la blockchain prouvent que l’ouverture peut éliminer les lourdeurs administratives.
Il a insisté sur l’importance de développer du matériel et des logiciels ouverts dans les infrastructures critiques, en particulier le vote. Les machines à voter électroniques dotées de logiciels propriétaires ne peuvent, selon lui, « offrir la confiance du public ». L’exigence de vérifiabilité devient alors un enjeu démocratique majeur.
Au-delà du constat, son appel interroge l’avenir. L’adoption de systèmes ouverts pourrait transformer la gouvernance, réduire les coûts et renforcer la protection des données. Mais elle implique aussi des choix politiques et sociétaux complexes. Le débat autour de cette vision s’annonce déterminant dans les prochaines années.