Les cyberattaques en Afrique ont augmenté de 421,4 % entre 2016 et 2025, soit une progression supérieure à la moyenne mondiale de 307,3 %, selon un rapport publié par Mastercard le 12 octobre 2026. Avec 69 236 événements de cybersécurité observés en 2025, le continent fait face à une menace croissante pour ses banques, ses entreprises et ses administrations publiques.
Combien de cyberattaques ont été recensées en Afrique ?
Le rapport Africa’s Digital Defense Race, commandé par Mastercard, révèle une accélération des cybermenaces sur le continent africain.
En 2025, la plateforme Mastercard Cyber Insights a enregistré 69 236 événements informatiques malveillants visant des organisations africaines. Cela représente en moyenne un événement observé toutes les huit minutes.
La progression de 421,4 % sur neuf ans signifie que le volume d’activité malveillante mesuré a été multiplié par plus de cinq.
À titre de comparaison, la hausse mondiale atteint 307,3 % sur la même période. Les menaces numériques progressent donc plus rapidement en Afrique que dans le reste du monde.
Ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence. Ils concernent les événements détectés par les dispositifs d’observation utilisés dans l’étude et ne constituent pas un recensement exhaustif de toutes les cyberattaques.
Une meilleure capacité de détection peut également influencer les comparaisons historiques.
Malgré cette limite, les résultats soulignent une évolution préoccupante : la transformation numérique africaine s’accompagne d’une exposition croissante aux risques informatiques.
Quels pays africains sont les plus exposés aux cyberattaques ?
Quatre pays concentrent une part importante des activités malveillantes identifiées par Mastercard : le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Maroc et le Kenya.
Ensemble, ils représentent 54,7 % des événements de cybersécurité observés en Afrique en 2025.
Cette concentration s’explique notamment par le développement des services financiers numériques, des plateformes technologiques et des infrastructures connectées.
L’Afrique du Sud, qui possède un secteur bancaire particulièrement développé, concentre à elle seule 12,6 % des attaques observées sur le continent.
Le Nigeria constitue également une cible importante en raison de son vaste écosystème fintech et de l’utilisation croissante des services financiers en ligne.
Au Maroc, le développement des activités technologiques renforce les enjeux de protection des données et des infrastructures. Le Kenya doit notamment sécuriser les systèmes qui soutiennent les paiements mobiles et l’inclusion financière.
Les secteurs les plus exposés sont la technologie, les administrations publiques et les services financiers. Ils concentrent ensemble 44 % des événements malveillants recensés.
Ces activités intéressent particulièrement les cybercriminels en raison des données sensibles, des transactions financières et des services essentiels qu’elles hébergent.
Pourquoi la cybercriminalité progresse-t-elle aussi rapidement ?
L’augmentation des cyberattaques accompagne l’expansion spectaculaire de l’économie numérique africaine.
Entre 2016 et 2025, le nombre d’utilisateurs de services de mobile money a été multiplié par 5,9. Celui des utilisateurs de services bancaires numériques a progressé d’un facteur 4,7, tandis que le marché du commerce électronique a été multiplié par 5,3.
Cette croissance multiplie les possibilités de fraude, de vol de données et d’intrusion informatique.
La professionnalisation des cybercriminels constitue un autre facteur important.
D’après Mastercard, plus de 60 % des événements dont les auteurs ont pu être catégorisés sont associés à des pirates malveillants et à des groupes criminels organisés.
Ces acteurs exploitent les vulnérabilités des systèmes informatiques et les faiblesses des dispositifs de sécurité.
Les conséquences économiques sont multiples : interruption des activités, pertes financières, dépenses supplémentaires de protection et dégradation de la confiance des utilisateurs.
Cette pression intervient alors que Mastercard estime que le marché africain des paiements numériques pourrait atteindre 1 500 milliards de dollars d’ici 2030.
Comment renforcer la cybersécurité en Afrique ?
Face à ces menaces, Mastercard recommande de développer les compétences locales, de renforcer les infrastructures de protection et d’améliorer la coopération entre les institutions publiques et les entreprises.
L’un des principaux obstacles reste le manque de professionnels spécialisés.
Selon le rapport, environ 200 000 postes en cybersécurité demeuraient vacants en Afrique fin 2025, ce qui correspond à un déficit estimé à 23 % des effectifs nécessaires.
Pour réduire cette vulnérabilité, les pays africains doivent notamment investir dans la formation, les systèmes de détection des intrusions et la protection des données.
Les entreprises peuvent également limiter leur exposition grâce à l’authentification multifacteur, aux mises à jour régulières et à la sauvegarde sécurisée de leurs informations.
La coopération internationale reste essentielle pour lutter contre les réseaux criminels qui opèrent au-delà des frontières nationales.
Mastercard mise notamment sur son Centre africain d’excellence en cybersécurité pour favoriser le partage de renseignements et de bonnes pratiques.
L’enjeu dépasse désormais la seule protection informatique. Pour les économies africaines, la cybersécurité devient une condition essentielle au développement des paiements numériques, de l’innovation et de la confiance des utilisateurs.



