Le Nigeria a obtenu une subvention européenne pouvant atteindre 14 millions d’euros pour préparer la construction de 90 000 kilomètres de fibre optique à travers le pays. Signé le 14 octobre 2026 à Abuja, cet accord doit soutenir le projet BRIDGE, dont l’objectif est d’améliorer l’accès à Internet haut débit dans les régions encore mal desservies.
À quoi serviront les 14 millions d’euros accordés au Nigeria ?
L’Union européenne renforce son soutien aux infrastructures numériques nigérianes. L’accord conclu avec le gouvernement fédéral et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) concerne principalement la préparation technique du futur réseau.
Contrairement à ce que pourrait laisser penser le montant annoncé, les 14 millions d’euros ne financeront pas directement la construction des 90 000 kilomètres de fibre optique.
Cette enveloppe servira notamment à réaliser les études de faisabilité, définir le tracé du réseau, préparer les investissements et renforcer les compétences des institutions chargées du projet.
La BERD assurera l’administration du financement européen.
Le ministre nigérian du Budget et de la Planification économique, Atiku Bagudu, a présenté ce partenariat comme une contribution importante aux ambitions nationales de développement numérique.
Pour Abuja, cette étape doit faciliter la mobilisation des capitaux nécessaires à la construction effective des infrastructures.
Le financement prend la forme d’une subvention et non d’un prêt. Il ne constitue cependant qu’une partie des ressources mobilisées autour du projet.
Projet BRIDGE : où seront installés les 90 000 km de fibre optique ?
Le programme BRIDGE, pour Building Resilient Digital Infrastructure for Growth, vise à développer un vaste réseau national de fibre optique.
L’objectif est d’ajouter 90 000 kilomètres d’infrastructures aux quelque 35 000 kilomètres déjà présents dans le pays. À terme, le Nigeria pourrait disposer d’un réseau d’environ 125 000 kilomètres de fibre optique.
Cette extension doit améliorer les connexions entre les grandes villes, les zones rurales et les centres économiques secondaires.
Le projet ambitionne notamment de desservir les 36 États de la fédération, le Territoire de la capitale fédérale et les 774 collectivités locales.
Le Nigeria possède déjà plusieurs points de connexion aux câbles sous-marins internationaux. Toutefois, la distribution de cette capacité Internet à l’intérieur du territoire reste inégale.
Les grandes agglomérations disposent généralement d’infrastructures plus développées que les régions éloignées.
La nouvelle dorsale nationale, également appelée backbone, doit faciliter le transport des données sur de longues distances et permettre aux opérateurs de développer leurs réseaux locaux.
Le ministre des Communications et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, avait annoncé en août un démarrage de la mise en œuvre en octobre 2026. La signature de l’accord européen constitue une avancée dans cette préparation, sans démontrer que l’ensemble des travaux a effectivement commencé.
Combien coûtera le déploiement du réseau Internet national ?
La construction de 90 000 kilomètres de fibre optique représente un investissement considérablement supérieur aux 14 millions d’euros annoncés.
Selon la Commission européenne, le projet BRIDGE représente un investissement prévisionnel d’environ 1,7 milliard d’euros.
Plusieurs institutions financières internationales participent à sa préparation et à son financement.
La Banque mondiale a notamment approuvé un financement de 500 millions de dollars. En février 2026, la BERD a également annoncé un investissement de 100 millions de dollars.
L’Union européenne avait auparavant présenté un programme de soutien à l’économie numérique nigériane de 45 millions d’euros, comprenant une contribution de 22 millions destinée au projet BRIDGE.
Les nouveaux 14 millions d’euros doivent donc être replacés dans cet ensemble d’engagements financiers. Ils ne doivent pas être automatiquement additionnés aux montants précédents sans clarification de leur articulation budgétaire.
Le programme s’inscrit dans la stratégie européenne Global Gateway, qui soutient notamment les infrastructures numériques, les transports et l’énergie dans plusieurs pays africains.
Quel impact sur le prix et la qualité d’Internet au Nigeria ?
L’extension de la fibre optique pourrait améliorer les performances des réseaux numériques nigérians.
Une infrastructure terrestre plus dense permettrait aux opérateurs de transporter davantage de données, de réduire certaines congestions et d’étendre leurs services vers de nouveaux territoires.
Les entreprises, les établissements scolaires, les administrations et les particuliers pourraient ainsi bénéficier d’une connexion plus stable.
Le projet présente également un intérêt pour les fintechs, le commerce électronique et les services publics numériques.
Toutefois, la construction du backbone ne garantit pas automatiquement une baisse des prix d’Internet.
Les tarifs dépendront notamment de la concurrence entre opérateurs, du coût des équipements, de l’électricité et des investissements nécessaires pour raccorder les utilisateurs finaux.
L’entretien des infrastructures, leur sécurité et les conditions d’accès au réseau seront également déterminants.
Pour le gouvernement nigérian, l’enjeu dépasse donc les seuls kilomètres de câbles installés. Il s’agit de transformer cette infrastructure en services numériques accessibles à une population de plus de 200 millions d’habitants.
La subvention européenne marque une nouvelle étape dans cette ambition. Sa réussite dépendra désormais de la mobilisation des financements, du lancement effectif des travaux et de l’amélioration concrète de la connectivité dans les régions mal desservies.



