La plateforme crypto Luno a annoncé, le 22 septembre 2026, l’acquisition de GTXN, une entreprise kényane spécialisée dans les paiements transfrontaliers B2B. Cette opération, dont le montant reste confidentiel, doit permettre à Luno de proposer aux entreprises des transferts internationaux plus rapides et moins coûteux, tout en renforçant son activité institutionnelle en Afrique.
Pourquoi Luno a racheté la fintech kényane GTXN
Avec cette acquisition, Luno souhaite dépasser son activité traditionnelle de plateforme d’échange de cryptomonnaies. Le groupe entend désormais proposer une infrastructure financière capable de faciliter les transactions entre entreprises situées dans différents pays.
GTXN dispose d’une infrastructure réglementée qui permet de collecter et de distribuer des fonds sur des corridors reliant les économies développées aux marchés émergents.
Son intégration donne à Luno un accès direct à des services de paiement qui reposaient auparavant sur des partenaires externes. L’entreprise espère ainsi mieux contrôler les délais, les coûts et l’exécution des transactions.
GTXN conserve un rôle opérationnel au sein du groupe. Son directeur général, Dan Kleinbaum, reste à la tête de cette activité consacrée aux paiements internationaux.
Ce dirigeant possède une expérience dans les services financiers africains. Il a notamment cofondé Beyonic, une plateforme de mobile money présente dans sept marchés africains, rachetée en 2020 par Onafriq.
Pour Luno, cette expertise représente un atout dans le développement de services destinés aux entreprises qui réalisent régulièrement des transactions internationales.
Comment fonctionneront les paiements transfrontaliers B2B ?
Les paiements internationaux traditionnels passent souvent par plusieurs banques correspondantes avant d’atteindre leur destinataire.
Chaque intermédiaire peut entraîner des frais supplémentaires, des conversions de devises et des délais de traitement. Ces contraintes sont particulièrement importantes pour les entreprises qui transfèrent des fonds entre l’Afrique et d’autres régions du monde.
Luno souhaite simplifier ce processus grâce à l’infrastructure de GTXN.
Le principe consiste à regrouper la collecte, le règlement et le versement des fonds auprès d’un même prestataire réglementé. Les opérations pourront s’appuyer sur les liquidités disponibles au sein de Luno.
Cette organisation doit réduire le nombre d’intermédiaires et faciliter la gestion des transactions internationales.
Pour les entreprises, les avantages attendus concernent principalement la rapidité des règlements, la visibilité sur les frais et la simplification des opérations de trésorerie.
Luno affirme que cette infrastructure permettra de proposer des paiements moins coûteux. Toutefois, aucun barème détaillé ni résultat comparatif indépendant n’a été communiqué pour démontrer l’ampleur des économies réalisables.
L’utilisation de technologies associées aux actifs numériques ne signifie pas non plus que toutes les transactions passeront nécessairement par des cryptomonnaies.
Luno accélère son virage vers les services institutionnels
Le rachat de GTXN intervient dans un contexte de restructuration des activités de Luno.
Fin juillet 2026, l’entreprise avait annoncé une réduction d’environ 20 % de ses effectifs mondiaux. Cette décision accompagnait une réorganisation destinée à réduire ses coûts et à développer davantage ses services aux entreprises.
Luno, qui appartient à Digital Currency Group, cherche ainsi à diversifier ses sources de revenus au-delà des transactions réalisées par les investisseurs particuliers.
Cette stratégie repose notamment sur les paiements internationaux, les stablecoins et les infrastructures destinées aux institutions financières.
Le 31 août 2026, Luno International a également obtenu une licence Digital Asset Business de classe F auprès de l’autorité monétaire des Bermudes.
Cette autorisation lui offre une base réglementaire supplémentaire pour développer certaines activités liées aux actifs numériques.
Début septembre, l’entreprise a aussi annoncé un partenariat avec Meridian afin de renforcer ses capacités de règlement en dollars américains.
L’acquisition de GTXN complète donc une série d’initiatives destinées à construire une infrastructure de paiements institutionnels sur plusieurs marchés.
Quels enjeux pour les paiements internationaux en Afrique ?
Cette acquisition illustre l’intérêt croissant des entreprises crypto pour les services financiers traditionnels, particulièrement les paiements transfrontaliers.
En Afrique, les entreprises qui importent des marchandises, exportent des produits ou travaillent avec des fournisseurs étrangers ont besoin de solutions fiables pour transférer leurs fonds.
Les coûts de conversion, les délais bancaires et les obligations réglementaires peuvent compliquer ces opérations.
En associant ses liquidités à l’infrastructure de GTXN, Luno cherche à répondre à ces besoins sur les marchés où le groupe dispose des autorisations nécessaires.
Le développement de cette activité dépendra toutefois des réglementations nationales, notamment en matière de change, de lutte contre le blanchiment et de transferts internationaux.
En Afrique du Sud, les autorités travaillent précisément sur l’encadrement des flux transfrontaliers liés aux cryptoactifs.
L’enjeu pour Luno sera désormais de démontrer que son nouveau dispositif peut améliorer concrètement les paiements des entreprises, sans compromettre la conformité réglementaire.



