Le Nigeria veut faire de l’intelligence artificielle un outil militaire, mais pas au prix d’une nouvelle dépendance technologique. La NITDA appelle les forces armées à exploiter l’IA et le Big Data tout en développant des infrastructures numériques souveraines. L’objectif est autant d’améliorer la prise de décision que de garder la maîtrise des technologies utilisées par l’armée.
L’IA doit libérer les officiers des tâches bureaucratiques
Lors d’un séminaire consacré à la gestion des données, le directeur général de la NITDA, Kashifu Inuwa Abdullahi, a encouragé l’armée nigériane à accélérer l’intégration de l’IA et du Big Data.
L’un des usages envisagés concerne l’automatisation des processus bureaucratiques. Une partie des tâches administratives pourrait être confiée à des systèmes numériques afin de permettre aux officiers de consacrer davantage de temps à l’analyse des informations.
La NITDA veut ainsi placer les données au cœur de la prise de décision militaire. Leur exploitation doit aider les forces armées à anticiper les enjeux tactiques et améliorer leur efficacité opérationnelle.
Cette orientation montre que l’utilisation de l’IA envisagée par Abuja ne se limite pas aux opérations sur le terrain. Elle concerne aussi le fonctionnement interne de l’institution militaire et sa capacité à traiter rapidement de grandes quantités d’informations.
La souveraineté numérique devient un enjeu de défense
Kashifu Inuwa Abdullahi a aussi mis en garde contre une dépendance excessive aux plateformes commerciales étrangères.
Le responsable de la NITDA défend plutôt le développement d’infrastructures numériques souveraines et de technologies locales. Pour le Nigeria, la transformation numérique de l’armée pose donc aussi la question du contrôle des outils et des données utilisés.
Cette approche associe directement défense et souveraineté technologique. Le pays veut bénéficier des capacités offertes par l’IA sans construire sa stratégie militaire autour de solutions étrangères qu’il ne maîtrise pas entièrement.
Les informations publiées ne précisent pas encore le calendrier de déploiement, les investissements prévus ou les technologies qui seront développées localement.
L’orientation donnée est néanmoins claire. Le Nigeria ne cherche pas seulement à introduire davantage d’intelligence artificielle dans son armée. Il veut aussi conserver la maîtrise des infrastructures numériques sur lesquelles cette transformation devra reposer.




