Maroc Telecom : Moov Africa dépasse le marché marocain

Les filiales africaines de Maroc Telecom deviennent le principal moteur de croissance du groupe, avec un chiffre d’affaires de 15,18 milliards de dirhams à fin septembre 2026. Portées par Internet et les paiements mobiles, elles enregistrent une hausse de 6,9 % de leurs revenus, contre 2,7 % au Maroc.

Moov Africa génère davantage de revenus que le Maroc

Les résultats financiers publiés le 23 octobre 2026 confirment l’importance croissante des activités internationales de Maroc Telecom. Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe réalise un chiffre d’affaires consolidé de 28,68 milliards de dirhams, en progression de 5,1 % sur un an.

Cette performance repose principalement sur ses filiales Moov Africa, implantées dans plusieurs pays du continent. Leur chiffre d’affaires atteint 15,18 milliards de dirhams, contre 14,33 milliards pour les activités réalisées au Maroc.

Les revenus internationaux dépassent ainsi ceux du marché domestique d’environ 845 millions de dirhams. Cette comparaison entre les deux segments ne correspond toutefois pas à la répartition exacte du chiffre d’affaires consolidé, qui tient compte des opérations internes au groupe.

À taux de change constant, la croissance des filiales africaines ressort à 4,7 %, contre 6,9 % en données publiées. L’écart montre qu’une partie de la progression provient des variations monétaires.

Le groupe s’appuie notamment sur ses implantations en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, où les besoins en connectivité et en services financiers numériques soutiennent ses activités.

Internet et Mobile Money accélèrent la croissance

Trois activités expliquent principalement les performances enregistrées par Moov Africa entre janvier et septembre 2026.

Les revenus de l’Internet mobile progressent de 10,4 %, grâce au développement des usages numériques. L’Internet fixe affiche une hausse plus importante de 16,8 %, tandis que les services de Mobile Money enregistrent une croissance de 18,8 %.

Cette dernière activité constitue l’un des principaux relais de développement du groupe. Les services de paiement mobile permettent notamment aux utilisateurs d’effectuer des transferts d’argent, de régler certaines dépenses et d’accéder à des services financiers depuis leur téléphone.

L’Internet fixe connaît également une progression notable. Le nombre d’accès haut débit des filiales africaines passe de 295 000 à 392 000 en un an.

En Côte d’Ivoire, le parc atteint notamment 93 000 accès, avec une croissance particulièrement soutenue.

Les performances commerciales restent néanmoins contrastées selon les pays. Le nombre d’abonnés mobiles progresse de 20,9 % au Burkina Faso et de 19,6 % au Togo, tandis qu’il recule de 15,7 % au Mali et de 12 % au Bénin.

Ces différences rappellent que l’expansion africaine de Maroc Telecom ne suit pas une trajectoire uniforme.

Maroc Telecom améliore ses résultats financiers

La croissance des filiales africaines contribue également à maintenir la rentabilité du groupe.

À fin septembre 2026, Maroc Telecom enregistre un résultat opérationnel avant amortissements de 14,38 milliards de dirhams, en hausse de 4,9 %. Sa marge correspondante atteint 50,1 %.

Pour les seules filiales Moov Africa, cet indicateur progresse de 6,6 %, à 6,41 milliards de dirhams. Leur marge s’établit à 42,2 %.

Le groupe annonce également un résultat net part du groupe de 3,86 milliards de dirhams. Ce bénéfice recule de 30,1 % en données publiées, principalement en raison d’une recette exceptionnelle comptabilisée en 2025 dans le cadre de l’accord avec Wana Corporate.

Hors cet élément non récurrent, le bénéfice progresse de 4,3 %.

Les flux nets de trésorerie opérationnels augmentent, pour leur part, de 9,1 %, à 7,14 milliards de dirhams. Cette amélioration renforce les ressources disponibles pour financer les investissements.

Quels enjeux pour Maroc Telecom en Afrique ?

À fin septembre 2026, Maroc Telecom compte près de 78 millions de clients, soit une progression annuelle de 2,4 %.

Le développement du très haut débit et des paiements mobiles demeure au cœur de sa stratégie. Les investissements, hors fréquences et licences, représentent 20,1 % du chiffre d’affaires du groupe.

Cette politique doit accompagner la croissance des usages numériques, mais elle intervient dans un environnement marqué par la concurrence et l’augmentation de certaines dépenses, notamment énergétiques.

Les performances africaines présentent également des signes de ralentissement au troisième trimestre. La croissance du résultat opérationnel avant amortissements des filiales se limite alors à 2,5 %, tandis que leur marge recule.

Maroc Telecom devra donc transformer l’expansion de ses services numériques en gains durables de rentabilité.

Avec des revenus désormais supérieurs à ceux du marché marocain, Moov Africa confirme néanmoins son rôle stratégique dans le développement du groupe. L’évolution de ses performances pèsera directement sur les résultats de Maroc Telecom au cours des prochains exercices.

Enagnon Wilfried ADJOVI
Enagnon Wilfried ADJOVI
Rédacteur tech spécialisé sur l'Afrique, je décrypte la révolution numérique du continent à travers des analyses approfondies. Cryptomonnaies, blockchain, intelligence artificielle : mes articles explorent comment ces technologies transforment l'économie, la gouvernance et la société africaines.

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