Le Sénégal renforce sa présence dans les discussions internationales sur l’avenir du numérique. L’entrepreneur et innovateur Adama Kane intègre le Groupe consultatif multipartite des Nations unies sur la société de l’information (UNGIS-MCG). Aux côtés de 91 autres membres, il contribuera aux réflexions sur l’accès à Internet, les services publics numériques et la réduction des inégalités technologiques.
Adama Kane parmi les 92 membres du groupe consultatif de l’ONU
L’innovateur sénégalais Adama Kane figure officiellement parmi les 92 personnalités sélectionnées pour intégrer le Groupe consultatif multipartite des Nations unies sur la société de l’information.
La liste publiée par l’Union internationale des télécommunications (UIT) présente l’entrepreneur comme fondateur de startup et innovateur numérique plusieurs fois récompensé. Il y apparaît au titre du secteur privé, avec un rattachement à AFRIXMART.
Cette sélection intervient dans le prolongement des travaux du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI+20). L’initiative vise à renforcer la participation des différents acteurs aux discussions internationales sur la transformation numérique.
Le groupe rassemble des représentants des gouvernements, des entreprises, des organisations de la société civile, des universités et des communautés techniques.
Son rôle consiste principalement à recueillir les propositions des participants et à favoriser leur prise en compte dans les travaux des Nations unies. Il ne dispose toutefois pas de pouvoir décisionnel direct.
Le mandat du premier groupe consultatif couvre la période 2026-2028.
Un entrepreneur sénégalais engagé dans l’innovation sociale
Ingénieur en télécommunications, Adama Kane possède plus de quinze années d’expérience dans les initiatives liées aux technologies numériques et aux travaux de l’UIT.
Son parcours se distingue par la création de solutions technologiques destinées à répondre aux besoins économiques et sociaux des populations africaines.
Il est notamment à l’origine de JokkoSanté, une plateforme qui vise à améliorer l’accès aux médicaments. Cette initiative lui a permis d’obtenir une reconnaissance internationale dans le domaine de l’entrepreneuriat social.
L’innovateur sénégalais a également développé EcosPêche, une solution consacrée à la gestion des ressources halieutiques et à la lutte contre la pêche illégale.
Ces deux projets ont été récompensés par des médailles d’or au Salon international des inventions de Genève, respectivement en 2025 et 2026.
Pour Adama Kane, son intégration au groupe consultatif constitue une reconnaissance de son parcours, mais aussi une responsabilité.
Il souhaite notamment partager les enseignements tirés de ses expériences afin de promouvoir des politiques numériques adaptées aux réalités africaines.
L’inclusion numérique en Afrique au cœur de ses priorités
La participation d’Adama Kane aux travaux de l’UNGIS-MCG pourrait contribuer à mieux faire connaître les difficultés rencontrées par les populations africaines dans l’accès aux technologies.
L’entrepreneur sénégalais souhaite concentrer ses interventions sur plusieurs enjeux majeurs :
- L’amélioration de la connectivité Internet, notamment dans les zones rurales.
- La réduction du coût des services publics numériques.
- Le développement des compétences numériques des populations.
- Le renforcement de la sécurité et de la confiance dans les services en ligne.
- L’adaptation des solutions technologiques aux réalités économiques et sociales africaines.
Ces priorités rejoignent les objectifs internationaux de réduction de la fracture numérique.
Dans plusieurs pays africains, la couverture Internet ne garantit pas nécessairement un accès effectif aux services numériques. Le coût de la connexion, les difficultés d’équipement et le manque de formation constituent encore des obstacles importants.
Adama Kane défend ainsi une approche dans laquelle les innovations technologiques doivent répondre aux besoins quotidiens des utilisateurs.
Il souligne notamment qu’une solution efficace dans une grande capitale ne peut pas toujours être déployée sans adaptation dans une localité rurale.
Son ambition consiste à faire remonter ces préoccupations dans les discussions internationales afin que les futures recommandations tiennent davantage compte des territoires les moins connectés.
Quelle place pour l’Afrique dans la gouvernance mondiale du numérique ?
L’arrivée d’Adama Kane intervient alors que les Nations unies renforcent les mécanismes de coopération autour des technologies de l’information.
La résolution A/RES/80/173, adoptée par l’Assemblée générale le 17 décembre 2025, prévoit notamment une meilleure coordination internationale dans le suivi des engagements du Sommet mondial sur la société de l’information.
Le groupe consultatif multipartite doit faciliter les échanges entre les institutions internationales et les acteurs directement concernés par les politiques numériques.
Plusieurs personnalités africaines figurent dans cette nouvelle instance, notamment des représentants du Nigeria, du Kenya, du Bénin et du Niger.
Cette diversité peut permettre aux pays africains de mieux faire connaître leurs priorités, particulièrement en matière d’infrastructures, de formation et de services numériques accessibles.
Pour le Sénégal, la présence d’Adama Kane offre une possibilité supplémentaire de faire entendre l’expérience de son écosystème technologique.
L’entrepreneur a précisé qu’il participera aux travaux à titre individuel, sans représenter officiellement les autorités sénégalaises.
L’enjeu reste désormais de transformer les contributions des membres en recommandations susceptibles d’influencer les futures politiques internationales.
La première réunion du groupe est annoncée pour la fin du mois d’octobre 2026. Elle doit permettre aux participants d’engager leurs échanges sur les priorités de la coopération numérique mondiale.



