Formation professionnelle : le RAFPRO mise sur l’IA en Afrique

Le Réseau africain des institutions et fonds de formation professionnelle (RAFPRO) organise, du 12 au 16 octobre 2026 à Conakry, une formation consacrée à l’intelligence artificielle et au leadership. Cette rencontre réunit des dirigeants de six pays africains pour améliorer la gouvernance de leurs institutions et adapter les formations aux nouvelles exigences du marché du travail.

Six pays africains réunis à Conakry autour de l’intelligence artificielle

La Guinée accueille une session de renforcement des capacités destinée aux responsables des institutions de formation professionnelle membres du RAFPRO. Organisée par l’Office national de formation et de perfectionnement professionnels (ONFPP), elle rassemble des délégations du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali, du Sénégal et du Togo.

Placée sous le thème « Leadership transformationnel à l’ère de l’intelligence artificielle », cette formation de cinq jours a été officiellement lancée le 12 octobre par la ministre guinéenne de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Bintou Keïta.

L’objectif est de préparer les dirigeants aux transformations provoquées par les technologies numériques dans les administrations et les entreprises.

Le directeur général de l’ONFPP, Mohamed Lamine Keïta, a souligné l’importance de cette initiative pour renforcer les compétences managériales et favoriser les échanges d’expériences entre institutions africaines.

Les participants doivent notamment réfléchir aux moyens d’utiliser l’intelligence artificielle pour moderniser leurs méthodes de gestion, anticiper les besoins économiques et améliorer l’efficacité des dispositifs de formation.

Comment l’IA peut-elle améliorer la formation professionnelle ?

L’intégration de l’intelligence artificielle dans la formation professionnelle constitue l’un des principaux axes des travaux organisés à Conakry.

Pour les institutions africaines, ces technologies pourraient faciliter l’analyse des besoins en compétences et l’identification des métiers confrontés à des transformations rapides.

Des outils d’analyse de données peuvent, par exemple, aider les responsables à mieux comprendre les évolutions de l’emploi et à orienter leurs financements vers les formations les plus pertinentes.

L’IA pourrait également contribuer à automatiser certaines tâches administratives, améliorer le suivi des bénéficiaires et faciliter l’évaluation des programmes financés.

Les responsables réunis à Conakry doivent ainsi travailler à l’élaboration de feuilles de route pour la transformation numérique de leurs institutions.

Cette évolution nécessite toutefois des précautions. La qualité des données, la protection des informations personnelles et le maintien d’un contrôle humain figurent parmi les conditions indispensables à une utilisation responsable de ces technologies.

Bintou Keïta a notamment insisté sur la nécessité de mesurer les résultats concrets des politiques de formation, au-delà du simple nombre de bénéficiaires.

L’enjeu consiste à déterminer si les compétences acquises permettent réellement aux apprenants d’accéder à un emploi ou d’améliorer leur situation professionnelle.

Le RAFPRO veut accélérer la transformation numérique de ses institutions

Cette rencontre ne constitue pas une initiative isolée. Elle s’inscrit dans le Plan stratégique de développement 2025-2029 du RAFPRO, qui accorde une place importante à l’innovation et à la transformation digitale.

Elle relève également du Plan triennal de formation 2026-2028, destiné à renforcer les capacités des personnels et des responsables des institutions membres.

Pour l’année 2026, neuf actions de formation sont programmées dans différents pays du réseau.

À Conakry, les travaux sont animés par des experts du cabinet Global Vision Guinée. Ils portent notamment sur le leadership, la prise de décision, le pilotage de la performance et l’intégration des outils numériques.

Le secrétaire général du RAFPRO, Alhassane Touré, a rappelé que cette session prolonge les échanges déjà engagés dans la capitale guinéenne en novembre 2024.

L’ambition du réseau est de favoriser une coopération plus étroite entre ses membres, afin de partager les expériences et de développer des pratiques communes.

Quels enjeux pour l’emploi et les compétences en Afrique ?

Au-delà de la modernisation administrative, cette initiative soulève une question majeure : comment préparer les travailleurs africains aux transformations de l’emploi liées à l’intelligence artificielle ?

Les entreprises recherchent progressivement de nouvelles compétences numériques, tandis que certains métiers voient leurs tâches évoluer sous l’effet de l’automatisation.

Les organismes de formation doivent donc être capables d’actualiser leurs programmes et d’accompagner les travailleurs dans l’acquisition de nouvelles qualifications.

Pour les pays représentés à Conakry, le défi consiste également à réduire le décalage entre les formations proposées et les compétences réellement demandées par les employeurs.

Les dirigeants participants sont ainsi invités à identifier des priorités concrètes, accompagnées d’objectifs, de responsables et de calendriers de mise en œuvre.

La réussite de cette démarche dépendra des ressources disponibles, de l’accès aux infrastructures numériques et de la capacité des institutions à transformer les recommandations en actions.

La rencontre de Conakry pourrait ainsi contribuer à une meilleure intégration de l’intelligence artificielle dans les politiques africaines de formation professionnelle, à condition que les engagements débouchent sur des résultats mesurables pour les apprenants et les entreprises.

Winoc A.
Winoc A.
Je suis Winoc A., journaliste rédacteur chez Africa Moon, un média dédié à la crypto et à l’intelligence artificielle. Curieux des technologies émergentes et de leur impact sur nos sociétés, je m’attache à décrypter les innovations qui transforment le monde. Mes articles, salués pour leur clarté et leur pertinence, abordent des sujets liés aux cryptomonnaies, à l’IA, mais aussi à leurs implications économiques, sociales et culturelles. À travers ma plume, je m’engage à rendre accessibles ces univers complexes et à participer activement à la vulgarisation technologique sur le continent africain.

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