Camtel accélère l’extension de son réseau mobile avec 245 nouveaux sites prévus à travers le Cameroun, ce qui porterait son parc déclaré de 473 à 718 installations si tous sont effectivement mis en service. L’opérateur public cible notamment les zones rurales et périurbaines, alors qu’il reste très loin derrière Orange et MTN sur le marché mobile.
Les 245 sites feraient bondir le parc de Camtel de 51,8 %
Le projet Mobile Network Expansion (MNE) a franchi une nouvelle étape le 17 septembre 2026 avec l’arrivée à Zamengoé, dans la région du Centre, d’une deuxième vague d’équipements. Le matériel, en provenance de Chine, a transité par le port autonome de Kribi avant d’être acheminé dans 35 conteneurs de 40 pieds.
Camtel prévoit d’installer 245 nouveaux sites radio en complément des 473 actuellement déclarés dans sa communication sur le projet. Cela représenterait une hausse de 51,8 % et porterait le total à 718 sites. Il s’agit cependant d’un objectif de déploiement et non de 245 installations déjà opérationnelles.
Un léger écart existe d’ailleurs dans les chiffres de l’entreprise. Au 18 septembre, sa carte de couverture en ligne recensait 469 sites, contre 473 dans la communication consacrée au MNE.
Les zones rurales placées au cœur de l’expansion
L’opérateur veut renforcer en priorité son réseau Blue dans les localités encore insuffisamment couvertes. Camtel cite notamment les chefs-lieux de département et d’arrondissement, les zones périurbaines et les villages. Lors du financement du projet en janvier, l’entreprise mentionnait également les villes universitaires et les zones économiques stratégiques.
L’enjeu ne se limite pas à construire de nouveaux sites. Le programme prévoit aussi la désaturation de 122 installations existantes afin d’augmenter leur capacité et de réduire les difficultés liées à la hausse du trafic.
Camtel compte parallèlement renforcer les capacités de transport de ses boucles métropolitaines, étendre ses installations d’alimentation électrique et moderniser son système de facturation. De nouvelles capacités liées au cloud computing figurent également dans le programme.
Une première phase financée à 44,884 milliards de FCFA
Le chantier repose sur un financement syndiqué de 44,884 milliards de FCFA signé le 21 janvier 2026. L’opération est conduite par Commercial Bank Cameroon et doit financer la première phase du Mobile Network Expansion. Camtel avait alors indiqué vouloir densifier ses infrastructures 2G, 3G et 4G sur l’ensemble du territoire.
Ce financement s’inscrit dans un programme d’investissement plus large évalué à environ 52,2 milliards de FCFA. Les 44,884 milliards annoncés ne correspondent donc pas au coût total définitif de l’ensemble du plan, mais au financement mobilisé pour sa première phase.
L’effort intervient alors que le secteur camerounais des télécommunications continue de croître. Selon l’Agence de régulation des télécommunications, les investissements du secteur ont atteint près de 194,5 milliards de FCFA en 2024, en hausse de plus de 35 %. Les communications mobiles représentaient plus de 31,5 millions d’abonnements actifs.
Camtel reste loin derrière Orange et MTN dans le mobile
L’augmentation du nombre de sites répond aussi à un impératif commercial. Camtel dispose d’importantes infrastructures de fibre optique et de transport, mais sa position dans la téléphonie mobile reste beaucoup plus faible que celle de ses principaux concurrents.
Les données 2024 de l’ART reprises par Investir au Cameroun font état d’environ 2,09 millions d’abonnements mobiles actifs chez Camtel, contre 15,67 millions pour Orange Cameroun et 13,75 millions pour MTN Cameroon.
L’extension à 718 sites pourrait donc améliorer la couverture et la capacité du réseau, sans garantir à elle seule un rattrapage commercial. La qualité réelle du service, la disponibilité du réseau, les tarifs et la capacité à attirer durablement les abonnés resteront déterminants.
Le régulateur avait d’ailleurs déjà alerté sur la dégradation de la qualité des services mobiles fournis au Cameroun, y compris ceux de Camtel. Pour l’opérateur public, le véritable test du programme MNE sera donc moins le nombre de nouveaux pylônes annoncé que leur mise en service effective et l’amélioration mesurable de la connexion pour les utilisateurs.




