Le Dogecoin surprend une nouvelle fois les marchés. Vendredi, son prix a grimpé de près de 4 %, franchissant les 0,26 dollar, alors même que le lancement du premier ETF DOGE au comptant aux États-Unis a été repoussé. Cette évolution attire l’attention car elle illustre l’intérêt persistant autour du memecoin, malgré les incertitudes réglementaires et les retards liés aux produits financiers qui lui sont dédiés.
Le report confirmé par Bloomberg
Le lancement du premier ETF Dogecoin au comptant devait avoir lieu le 12 septembre, aux côtés d’autres produits comme ceux adossés à Bitcoin ou XRP. Mais selon Eric Balchunas, analyste ETF chez Bloomberg, la cotation du Rex-Osprey DOGE (DOJE) n’interviendra pas avant la semaine prochaine. « Le lancement d’un FNB DOGE américain est à nouveau retardé », a-t-il indiqué, précisant avoir obtenu l’information directement de la société à l’origine du fonds. La firme n’a pas communiqué la raison de ce nouveau décalage.
Ce produit financier diffère des ETF Bitcoin déjà lancés. Il a été validé en vertu de la loi américaine de 1940, un cadre généralement utilisé pour les fonds communs diversifiés. Ce choix implique une structure particulière où l’ETF ne détient pas directement de Dogecoin, mais passe par une filiale et des produits dérivés basés aux îles Caïmans. La réglementation interdit en effet qu’un seul actif pèse trop lourd dans un fonds de ce type.
Un impact limité mais une dynamique institutionnelle
Eric Balchunas estime que ce premier produit financier lié au Dogecoin ne bouleversera pas le marché. « Avec Bitcoin, il existait des investisseurs qui ne pouvaient pas acheter directement la crypto. Pour DOGE, ceux qui s’y intéressent possèdent déjà un compte sur un exchange », a-t-il expliqué. Selon lui, l’effet restera donc « minimal » sur le prix du memecoin.
Cette analyse intervient alors que d’autres projets d’ETF DOGE sont annoncés pour les mois d’octobre et novembre. Balchunas anticipe « quatre à cinq lancements » dans cette période, avec un potentiel d’influence plus marqué sur les volumes échangés. La structure du DOJE renforce par ailleurs le caractère particulier de ce fonds, puisqu’il repose sur des produits dérivés et une filiale offshore plutôt que sur la détention directe du token.
Au-delà des débats techniques, le sujet illustre une tendance plus large : l’attention croissante des acteurs institutionnels pour Dogecoin. L’entreprise américaine CleanCore Solutions a récemment renforcé ses réserves avec 130 millions de dollars supplémentaires en DOGE, tandis que Thumzup, société liée à la famille Trump, prévoit l’acquisition de milliers de plateformes de minage. Ces signaux contrastés montrent qu’entre scepticisme et spéculation assumée, Dogecoin s’impose peu à peu comme un actif que Wall Street ne peut plus ignorer.
