Le plafond des comptes Mobile Money passera de 2 à 4 millions de FCFA dans les huit pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) à partir du 2 novembre 2026. La BCEAO relève également à 15 millions de FCFA le montant maximal des rechargements mensuels, contre 10 millions actuellement.
Quels sont les nouveaux plafonds Mobile Money de la BCEAO ?
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a officialisé ces changements dans son instruction n° 020, signée le 8 octobre 2026 par son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou.
Cette décision modifie certaines dispositions de l’instruction du 21 mai 2015 qui encadre les activités des émetteurs de monnaie électronique dans l’UMOA.
Deux principales limites évoluent à compter du 2 novembre prochain.
Le premier changement concerne le solde maximal autorisé sur les comptes de monnaie électronique. Un utilisateur identifié pourra désormais conserver jusqu’à 4 millions de FCFA auprès d’un même émetteur, contre 2 millions auparavant.
Le second porte sur les rechargements. Leur montant cumulé sur un mois passe de 10 à 15 millions de FCFA, soit une augmentation de 50 %.
Ces nouveaux plafonds concernent notamment les utilisateurs des services Mobile Money au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Togo, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et en Guinée-Bissau.
L’objectif est d’adapter la réglementation au développement des paiements numériques et à l’utilisation croissante des portefeuilles électroniques.
Peut-on détenir 4 millions FCFA sur plusieurs comptes ?
La nouvelle réglementation apporte une précision importante : le plafond de 4 millions de FCFA s’applique à l’ensemble des avoirs détenus par un client auprès d’un même émetteur.
Autrement dit, posséder plusieurs portefeuilles électroniques chez le même établissement ne permet pas de multiplier automatiquement cette limite.
Prenons un exemple. Si un utilisateur détient 2,5 millions de FCFA sur un premier portefeuille et 1,5 million sur un second compte auprès du même émetteur, il atteint déjà le plafond réglementaire.
En revanche, les avoirs détenus auprès d’établissements émetteurs distincts sont soumis aux plafonds applicables à chacun d’eux.
Il faut également distinguer le solde maximal des rechargements mensuels.
Un utilisateur pourra recharger ses portefeuilles plusieurs fois au cours du mois, dans la limite cumulée de 15 millions de FCFA. Il ne pourra cependant pas conserver simultanément plus de 4 millions de FCFA auprès du même émetteur, sauf autorisation particulière.
La réglementation prévoit effectivement des dérogations, sous réserve d’un accord préalable de la BCEAO.
Les distributeurs et les commerçants qui acceptent la monnaie électronique dans le cadre de leurs activités professionnelles bénéficient de dispositions spécifiques.
Quels changements pour la sécurité des fonds ?
La réforme ne concerne pas uniquement les montants accessibles aux utilisateurs. Elle modifie également les obligations imposées aux établissements qui émettent de la monnaie électronique.
La BCEAO exige notamment que les opérateurs maintiennent en permanence au moins 65 % de l’encours de monnaie électronique en circulation sous forme de dépôts à vue auprès des banques ou des institutions de microfinance.
Les autres ressources peuvent être placées dans certaines catégories d’actifs autorisées, conformément aux conditions réglementaires.
Cette disposition vise à encadrer la gestion des fonds reçus en contrepartie de la monnaie électronique émise.
Les opérateurs restent également soumis aux obligations d’identification des clients, de contrôle des opérations et de prévention du blanchiment de capitaux.
Pour les utilisateurs, l’augmentation des plafonds ne signifie donc pas la disparition des vérifications d’identité ou des règles de sécurité.
Transferts gratuits : une autre réforme dès le 2 novembre
Le relèvement des plafonds coïncide avec une autre évolution importante des paiements électroniques dans l’UEMOA.
À partir du 2 novembre 2026, les transferts nationaux interopérables entre particuliers seront gratuits lorsque leur cumul quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA, par utilisateur et par établissement participant.
Au-delà de ce seuil, des frais compris entre 0 et 0,8 % pourront être appliqués au montant hors taxes du transfert. La réception des fonds sera gratuite, sans limitation de montant ni de nombre d’opérations.
Ces nouvelles conditions s’inscrivent dans le déploiement de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), lancée en septembre 2025.
La généralisation des mêmes conditions aux transferts entre les pays de l’UEMOA est prévue pour le 1er juin 2027.
Pour les particuliers comme pour les petits commerçants, ces deux réformes pourraient faciliter l’utilisation quotidienne du Mobile Money. Elles offrent davantage de souplesse pour conserver, recharger et transférer de l’argent, sans supprimer les obligations réglementaires des opérateurs.




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