Circle Ventures, la branche d’investissement de l’émetteur du stablecoin USDC, a investi dans la fintech sud-africaine CrissCross pour développer les paiements transfrontaliers en Afrique. Cette opération, annoncée le 26 octobre 2026, vise à faciliter les transferts d’argent entre entreprises dans plus de 30 marchés africains, grâce à une infrastructure associant blockchain et monnaies locales.
Circle Ventures finance l’expansion de CrissCross en Afrique
L’investissement a été réalisé par l’intermédiaire de Stitch Group, maison mère de CrissCross. Son montant n’a pas été communiqué, pas plus que la participation obtenue par Circle Ventures dans le cadre de cette opération.
Créée en 2022 par Lex Campbell et Byron Coetsee, CrissCross développe des solutions de paiement destinées aux entreprises, aux institutions financières et aux plateformes qui effectuent des transactions internationales.
L’entreprise affirme actuellement couvrir plus de 30 marchés africains et prendre en charge plus de 20 devises. Ses activités s’étendent notamment à l’Afrique de l’Ouest, à l’Afrique centrale, à l’Afrique de l’Est et à l’Afrique australe.
Le financement annoncé doit soutenir plusieurs priorités :
- Étendre les connexions avec les réseaux de paiement locaux.
- Renforcer les capacités de règlement utilisant les stablecoins.
- Améliorer les services de gestion de trésorerie des entreprises.
- Développer les équipes techniques et opérationnelles.
James Cope, directeur général de CrissCross, estime que cet investissement confirme l’intérêt pour une infrastructure capable de répondre à la complexité des paiements internationaux sur le continent.
Pour Circle, l’opération constitue également une occasion d’accompagner le développement des usages professionnels des monnaies numériques, au-delà des activités traditionnelles de trading.
Comment les stablecoins facilitent les paiements transfrontaliers
Les paiements entre pays africains restent confrontés à plusieurs obstacles. La fragmentation des systèmes bancaires, les différences réglementaires, les coûts de conversion et les difficultés d’accès aux devises peuvent compliquer les transferts internationaux.
CrissCross cherche à résoudre une partie de ces problèmes en combinant les stablecoins avec les infrastructures financières existantes.
Son fonctionnement repose sur une interface de programmation unique, appelée API, qui permet aux entreprises de collecter des paiements, de convertir des devises et d’effectuer des versements dans plusieurs pays.
Concrètement, une entreprise peut utiliser des stablecoins pour régler une transaction internationale, tandis que son bénéficiaire reçoit directement sa monnaie locale sur un compte bancaire ou un portefeuille mobile.
Cette approche évite au destinataire de devoir nécessairement posséder un portefeuille crypto ou gérer lui-même la conversion des actifs numériques.
Le stablecoin USDC, émis par Circle et conçu pour maintenir une valeur proche du dollar américain, peut servir d’instrument de règlement dans ce type d’infrastructure.
Les économies potentielles dépendent néanmoins des commissions, des taux de change, de la liquidité disponible et des partenaires locaux. Le recours à la blockchain ne garantit donc pas automatiquement des transferts instantanés ou moins coûteux.
Une infrastructure qui relie les stablecoins aux monnaies africaines
L’intérêt du modèle de CrissCross réside dans sa capacité à relier les règlements numériques aux moyens de paiement réellement utilisés sur le continent.
La plateforme couvre notamment des marchés comme le Nigeria, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Ghana, le Sénégal et le Bénin. Elle prend également en charge des devises telles que le naira nigérian, le rand sud-africain et les francs CFA d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.
Cette couverture permet aux entreprises internationales de centraliser leurs opérations financières sans devoir développer une connexion technique distincte pour chaque marché.
Le 8 octobre 2026, CrissCross avait déjà annoncé un partenariat avec Velocity, une plateforme spécialisée dans les paiements en stablecoins et la gestion de trésorerie.
L’objectif de cette collaboration est de connecter la liquidité institutionnelle disponible sur blockchain aux réseaux de collecte et de paiement africains.
L’investissement de Circle Ventures intervient donc dans une stratégie d’expansion déjà engagée, plutôt que dans le lancement d’un nouveau service.
Quels enjeux pour les paiements numériques en Afrique ?
L’arrivée de Circle Ventures illustre l’intérêt croissant des entreprises spécialisées dans les stablecoins pour les infrastructures financières africaines.
Pour les sociétés qui importent, exportent ou rémunèrent des partenaires dans plusieurs pays, les paiements transfrontaliers représentent un enjeu opérationnel important.
Des solutions capables de réduire les intermédiaires et de simplifier les conversions pourraient améliorer la gestion de leur trésorerie.
Cependant, plusieurs obstacles subsistent. Les règles applicables aux crypto-actifs diffèrent selon les juridictions, tandis que l’accès aux devises et la liquidité restent déterminants pour assurer les règlements.
CrissCross devra également démontrer que son infrastructure peut accompagner une augmentation des volumes tout en maintenant des coûts compétitifs.
L’investissement de Circle Ventures confirme ainsi une évolution : les stablecoins cherchent à devenir des outils de règlement pour les entreprises africaines, sans nécessairement remplacer les banques, les monnaies nationales ou les systèmes de paiement mobile.



