Crypto en Afrique : Antony Mlelwa place l’éducation avant l’adoption

Alors que les actifs numériques gagnent du terrain en Afrique, Antony Polycarp Mlelwa défend une ligne prudente : l’adoption de la blockchain ne devrait pas se mesurer au nombre de nouveaux investisseurs, mais à leur capacité à comprendre les produits, les risques et les responsabilités associés. Depuis la Tanzanie, cet éducateur financier appelle à construire un marché africain fondé sur la connaissance plutôt que sur la spéculation.

Former des utilisateurs capables d’évaluer les risques

Entré dans l’univers des cryptos en 2017, Antony Mlelwa dit avoir été confronté très tôt à la volatilité, à la complexité technique et à la difficulté de distinguer les projets solides des discours commerciaux. Cette expérience a façonné son approche pédagogique, aujourd’hui centrée sur la compréhension des mécanismes financiers avant toute décision d’investissement.

« Je ne mesure pas l’adoption en fonction du nombre de personnes capables d’acheter un actif numérique. Je la mesure en fonction du nombre de personnes capables d’expliquer ce qu’elles possèdent, pourquoi elles le possèdent, quels risques elles acceptent et comment elles comptent se protéger », affirme-t-il.

Titulaire d’une licence en sciences de l’éducation, avec une spécialisation en chimie et en biologie, Mlelwa transpose à la blockchain les méthodes acquises dans l’enseignement. Son objectif consiste à simplifier des notions complexes sans masquer les risques liés à la volatilité, à la liquidité, à la fraude, à la conservation des actifs ou aux décisions prises sous l’effet de l’émotion.

Il a également obtenu le titre d’éducateur financier certifié auprès de l’Académie de la Banque de Tanzanie. Cette formation lui permet de relier les technologies numériques à des principes plus classiques comme la gestion du risque, la planification financière, la protection du capital et la responsabilité individuelle.

Une adoption africaine à construire au-delà du battage médiatique

À travers DienAcademy, la plateforme qu’il a fondée en Tanzanie, Antony Mlelwa propose des ateliers, des masterclasses et des contenus consacrés à la blockchain, aux cryptomonnaies, à la finance décentralisée et à l’entrepreneuriat numérique. Une partie des cours est dispensée en kiswahili afin de réduire les barrières linguistiques et de rendre ces sujets accessibles à un public plus large en Afrique de l’Est.

Son approche repose sur des questions concrètes : qu’est-ce qui donne de la valeur à un actif numérique ? Comment reconnaître une promesse de rendement irréaliste ? Quels sont les risques liés à l’auto-conservation des fonds ? Comment distinguer l’utilité technique d’un projet de son marketing ?

Mlelwa rejette les discours présentant les cryptos comme une source de profits garantis. Selon lui, même un actif crédible peut conduire à des pertes lorsqu’il est acheté sans stratégie, avec des fonds empruntés ou dans une logique de concentration excessive.

« Une adoption responsable ne signifie pas convaincre tout le monde d’investir. Cela signifie s’assurer que les gens puissent reconnaître à la fois le potentiel et le danger avant d’engager leur argent », explique-t-il.

Cette vision a été portée lors de la Crypto Expo Dubai 2025, puis au Corporate Blockchain Gala 2026 à Dar es Salaam. Antony Mlelwa figure aussi parmi les intervenants annoncés à la Crypto Expo Dubai prévue les 9 et 10 septembre 2026.

Pour l’éducateur tanzanien, l’Afrique ne doit pas devenir uniquement un marché de distribution pour des produits conçus ailleurs. Elle doit aussi former des développeurs, des chercheurs, des régulateurs, des entrepreneurs et des utilisateurs capables d’analyser la manière dont ces systèmes sont construits.

Dans un continent marqué par une population jeune, l’essor de la connectivité mobile et de forts besoins en paiements transfrontaliers, la blockchain peut ouvrir des perspectives dans les transferts de fonds, l’identité numérique, la tokenisation ou les services décentralisés. Sans culture financière suffisante, les mêmes outils peuvent aussi accélérer la diffusion de projets frauduleux et de promesses intenables.

Le message d’Antony Mlelwa repose ainsi sur une distinction centrale : promouvoir la blockchain ne revient pas à pousser chaque citoyen à investir. Une adoption durable suppose de donner au public les moyens de comprendre, de questionner et, lorsque les risques paraissent trop élevés, de renoncer en connaissance de cause.

Rédaction Africa Moon
Rédaction Africa Moon
Nous sommes Africa Moon, un collectif de journalistes dédié à la vulgarisation de la cryptomonnaie et de l’intelligence artificielle. Nous produisons des contenus clairs et pédagogiques pour aider chacun à comprendre les enjeux des technologies numériques. À Africa Moon, nous croyons au pouvoir de l’information collective pour accompagner la transformation numérique du continent africain.

Les plus récents

Avis de non-responsabilité

Les informations sur africa-moon.com sont fournies à titre informatif et ne constituent pas des conseils professionnels ou d’investissement. Le site décline toute responsabilité en cas de pertes ou dommages liés à l’utilisation de ces informations. Chaque utilisateur doit vérifier par lui-même et consulter un expert avant toute décision.

Articles similaires

Leave a reply

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici