Bitcoin Suisse pourrait supprimer jusqu’à 60 de ses 120 postes en Suisse, soit la moitié de ses effectifs dans le pays. Le pionnier du « Crypto Valley » veut déplacer certaines fonctions à l’étranger tout en transformant son modèle pour devenir un groupe financier davantage international.
Bitcoin Suisse pourrait diviser ses effectifs suisses par deux
L’entreprise basée à Zoug a annoncé vendredi 11 septembre une importante réorganisation. Jusqu’à 60 emplois sur les 120 actuellement présents en Suisse pourraient disparaître.
Ce nombre n’est toutefois pas encore définitif. Une procédure de consultation avec les salariés se poursuit jusqu’au 20 septembre. Bitcoin Suisse décidera ensuite de la configuration finale de sa restructuration.
Fondée en 2013, l’entreprise emploie environ 200 personnes dans le monde. Si elle supprime effectivement 60 postes, la mesure représenterait donc près d’un tiers de ses effectifs mondiaux et la moitié de ceux situés en Suisse.
Le groupe explique vouloir passer d’une société crypto principalement centrée sur la Suisse à un fournisseur international de services financiers.
Le développement informatique et le back-office partent à l’étranger
Les fonctions les plus exposées concernent notamment le développement logiciel et le back-office. Bitcoin Suisse prévoit de les concentrer davantage dans ses pôles internationaux.
« Le développement de logiciels et les capacités de back-office seront de plus en plus regroupés dans nos hubs internationaux », explique l’entreprise. Cette organisation doit lui permettre d’accéder à un vivier de talents plus large et d’investir plus efficacement dans ses futures offres.
Bratislava occupe déjà une place importante dans cette nouvelle organisation. Un autre hub doit voir le jour au Vietnam. En parallèle, Bitcoin Suisse fermera son site de développement informatique de Copenhague.
Le coût joue également un rôle dans cette stratégie. Le directeur général Andrej Majcen a expliqué que certains services pouvaient être fournis à des coûts nettement inférieurs à Bratislava et au Vietnam.
Les besoins en personnel évoluent aussi avec l’amélioration des méthodes de travail et l’arrivée de technologies comme l’intelligence artificielle. Bitcoin Suisse n’a cependant pas chiffré les économies attendues de cette transformation.
Zoug restera au cœur des activités avec les clients
Cette restructuration ne signifie pas le départ de Bitcoin Suisse de son pays d’origine. Zoug restera le siège du groupe et la Suisse conservera les activités qui nécessitent une proximité directe avec les clients.
Le conseil, la gestion de la relation client ainsi que le Wealth et l’Asset Management devraient notamment y rester. L’entreprise considère que la confiance, l’expertise et la proximité demeurent essentielles pour ces métiers.
Le changement concerne donc davantage la répartition internationale des fonctions. Bitcoin Suisse possède déjà des implantations au Liechtenstein, à Abou Dhabi et aux Bermudes, en plus de son hub de Bratislava.
Cette expansion accompagne une évolution plus large de son positionnement. L’entreprise veut développer ses services auprès des clients privés fortunés, des family offices, des gestionnaires d’actifs et des investisseurs institutionnels.
Bitcoin Suisse nie un plan dicté par la faiblesse du marché crypto
Le calendrier pourrait facilement faire penser à une restructuration défensive. Le marché crypto traverse une période moins favorable et le bitcoin évolue nettement sous ses sommets précédents.
Bitcoin Suisse rejette pourtant cette interprétation. Un porte-parole affirme que les suppressions envisagées ne constituent pas une réaction à court terme aux difficultés du marché. Elles feraient partie d’une stratégie de croissance internationale préparée sur un horizon plus long.
L’entreprise met notamment en avant les autorisations réglementaires obtenues récemment. Elle dispose d’une licence MiCA au Liechtenstein et a également renforcé sa présence réglementaire à Abou Dhabi et aux Bermudes.
Cette internationalisation traduit ainsi un changement de dimension. Bitcoin Suisse ne veut plus dépendre essentiellement du marché helvétique et des seuls services liés aux actifs numériques.
Un tournant pour un pionnier du Crypto Valley
La restructuration reste néanmoins importante pour Zoug. Bitcoin Suisse fait partie des entreprises historiques qui ont contribué à construire la réputation du canton comme centre européen des actifs numériques.
Déplacer jusqu’à la moitié de ses postes suisses illustre désormais une nouvelle étape. La société conserve son ancrage dans le Crypto Valley, mais cherche à répartir ses coûts et ses compétences à l’échelle internationale.
Le bilan définitif dépendra de la consultation qui s’achèvera le 20 septembre. À ce stade, Bitcoin Suisse parle donc de jusqu’à 60 suppressions de postes et non de 60 licenciements déjà actés. Cette distinction sera déterminante pour mesurer l’ampleur réelle de la restructuration.





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