Le fonds Askya Investment Partners ouvre son Askya AI Growth Platform à dix startups africaines qui placent l’intelligence artificielle au cœur de leur activité. Pendant six semaines, les entreprises retenues bénéficieront gratuitement d’un accompagnement commercial et technologique, tandis que les plus prometteuses pourront attirer jusqu’à 200 000 dollars d’investissement.
Askya sélectionnera dix startups africaines de l’IA
Les candidatures au programme sont ouvertes jusqu’au 30 septembre 2026. Askya recherche des entreprises africaines qui disposent déjà d’un produit fonctionnel et affichent une première traction commerciale, avec au moins un client payant ou un projet pilote en cours.
L’intelligence artificielle doit constituer le cœur de leur proposition de valeur. Une entreprise qui ajoute simplement une fonctionnalité basée sur l’IA à un produit existant ne répond donc pas aux critères annoncés. Les candidats peuvent se situer entre le stade du MVP, le produit minimum viable, et la série A.
La sélection reste panafricaine. Les startups peuvent venir de n’importe quel pays du continent, à condition que leur activité vise les marchés africains. Askya s’intéresse notamment aux solutions dans la santé, l’alimentation, l’industrie, l’énergie, la finance ou encore les services publics.
Six semaines pour transformer la technologie en activité rentable
Le programme débutera le 26 octobre et s’achèvera le 4 décembre. Il se déroulera principalement à distance, avec un engagement demandé de trois à six heures par semaine. Les dix entreprises seront dévoilées publiquement lors de Moonshot by TechCabal, organisé les 28 et 29 octobre à Lagos.
Askya veut surtout aider les entrepreneurs à franchir un obstacle récurrent dans l’écosystème technologique africain. Développer une technologie prometteuse ne garantit pas de trouver des clients ni de construire un modèle économique capable de changer d’échelle.
Les fondateurs profiteront donc de séances individuelles de coaching, de masterclasses et de rencontres avec des entreprises susceptibles de tester leurs solutions. Ils auront aussi accès à des ressources de cloud et de calcul, notamment des capacités GPU indispensables à certains projets d’IA.
Tosin Eniolorunda, fondateur et PDG du groupe Moniepoint, présidera à titre honorifique cette première cohorte. Askya mise ainsi sur des entrepreneurs qui ont déjà développé des entreprises technologiques africaines à grande échelle.
Jusqu’à 200 000 dollars, mais pas automatiquement pour chaque startup
Le volet financier mérite une précision. L’intégration au programme est entièrement gratuite et Askya ne prend aucune participation au capital des entreprises simplement parce qu’elles rejoignent la cohorte. Aucun warrant ni frais d’inscription n’est demandé.
En revanche, les 200 000 dollars ne constituent pas une subvention automatiquement versée à chacune des dix startups. Askya précise qu’il pourra investir jusqu’à ce montant dans l’entreprise la plus prometteuse de la cohorte. Cette opération constituera alors un investissement en capital distinct du programme gratuit.
Cette distinction corrige certaines présentations du dispositif qui peuvent laisser penser que les dix entreprises recevront chacune 200 000 dollars sans dilution. L’avantage garanti porte surtout sur l’accompagnement sans prise de participation. L’investissement éventuel fera l’objet d’une opération séparée.
Askya veut faire émerger des « Tech Dangotes »
Derrière ce programme se trouve une ambition plus large. Askya Investment Partners veut soutenir des entreprises technologiques africaines capables de durer plusieurs décennies et de s’étendre à l’échelle continentale.
Le fonds parle de futurs « Tech Dangotes », en référence aux groupes industriels africains devenus des acteurs majeurs de leur secteur. Son objectif n’est donc pas de financer uniquement des projets prometteurs dans l’attente d’une revente rapide, mais de faire émerger des champions technologiques de long terme.
Cette stratégie intervient alors que l’IA africaine attire encore une part limitée du capital-risque. Selon des données rapportées par ICTworks, les entreprises africaines natives de l’IA ont capté moins de 2 % des financements accordés aux startups du continent au premier semestre 2026.
Pour Askya, le potentiel économique est pourtant considérable. Le fonds reprend une estimation de la Banque africaine de développement selon laquelle une adoption inclusive de l’intelligence artificielle pourrait ajouter jusqu’à 1 000 milliards de dollars au PIB africain d’ici 2035.
L’enjeu dépasse le simple financement des startups
Le manque de capital ne constitue qu’une partie du problème. Les startups africaines de l’IA doivent également accéder à la puissance de calcul, aux compétences spécialisées, aux données et surtout à des clients capables d’adopter leurs technologies.
L’Askya AI Growth Platform tente précisément de combiner ces différents leviers. Son succès se mesurera moins au nombre de startups accompagnées qu’à leur capacité à transformer leurs technologies en contrats commerciaux et à changer d’échelle après les six semaines du programme.
Les dix entreprises retenues seront annoncées le 15 octobre. Pour Askya, cette première cohorte doit surtout démontrer que l’Afrique peut produire ses propres entreprises d’IA plutôt que rester essentiellement consommatrice de technologies développées ailleurs.





[…] la NIA ont signé à Séoul une lettre d’intention destinée à encadrer leur coopération dans l’intelligence artificielle et la transformation numérique. L’accord a été conclu le 9 septembre, en marge de la 8e […]