La BCEAO a homologué 24 API Business destinées à connecter les entreprises aux services de paiement instantané de PI-SPI dans l’UEMOA. Cette nouvelle étape doit permettre d’automatiser davantage les paiements, les encaissements et le suivi de trésorerie à l’échelle régionale.
Vingt-quatre API Business homologuées par la BCEAO
Dans son communiqué du 16 septembre 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest indique que les API concernées ont satisfait à ses exigences fonctionnelles, techniques, de performance et de sécurité. Une API, ou interface de programmation d’application, permet ici au système informatique d’une entreprise de communiquer directement avec les services de paiement proposés par un participant à PI-SPI.
La liste, mise à jour le 17 septembre, compte 24 homologations réparties dans les huit pays de l’UEMOA. Le Sénégal en concentre neuf et la Côte d’Ivoire huit. Le Niger en compte deux, tandis que le Bénin, le Burkina Faso, la Guinée-Bissau, le Mali et le Togo en comptent chacun une.
Ce total ne correspond pas nécessairement à 24 groupes financiers différents. Ecobank, par exemple, apparaît dans chacun des huit États de l’Union, les homologations étant recensées pays par pays. Parmi les autres acteurs figurent notamment Orange Finances Mobiles, MTN MFS, Mansa Bank, Standard Chartered Bank, FBNBank, Paymetrust ou encore plusieurs fintechs.
Des paiements d’entreprise directement intégrés aux systèmes informatiques
L’enjeu dépasse le simple transfert instantané entre particuliers. Les API Business doivent permettre aux entreprises d’émettre et de recevoir des paiements, mais aussi de transmettre des demandes de règlement en masse et d’automatiser différentes opérations financières.
La BCEAO prévoit également un suivi des transactions en temps réel. Pour une entreprise qui gère de nombreux fournisseurs, clients ou salariés, cette automatisation peut réduire les traitements manuels et améliorer la visibilité sur les flux de trésorerie.
Autre élément central, ces services doivent fonctionner dans l’ensemble de l’UEMOA indépendamment du prestataire de paiement utilisé par l’émetteur ou le bénéficiaire. L’objectif de PI-SPI est précisément de réduire les barrières entre banques, établissements de monnaie électronique, institutions de microfinance, établissements de paiement et autres acteurs autorisés.
PI-SPI entre dans une nouvelle phase de son déploiement
La plateforme n’est pas nouvelle. PI-SPI a été officiellement lancée le 30 septembre 2025 après une phase pilote commencée en 2024. Elle fonctionne 24 heures sur 24 et sept jours sur sept dans les huit pays de l’Union.
Lors du lancement, le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, expliquait que l’objectif était de faire des paiements numériques « un véritable bien public, accessible à tous, à des coûts compétitifs ». La Banque centrale veut ainsi renforcer l’inclusion financière, mais aussi réduire les coûts d’intégration entre prestataires.
Le calendrier réglementaire explique aussi l’accélération actuelle. La BCEAO a repoussé au 30 septembre 2026 l’échéance fixée aux banques, établissements de monnaie électronique et établissements de paiement pour leur connexion effective. Les institutions de microfinance supervisées par la Commission bancaire disposent, elles, jusqu’au 30 juin 2027.
Au 24 juin 2026, la Banque centrale recensait déjà 80 participants connectés à PI-SPI et 74 institutions en phase de tests réels avant l’ouverture de leurs services au public.
Un marché qui s’ouvre aussi aux fintechs et éditeurs de logiciels
L’homologation des API Business élargit enfin PI-SPI au-delà des seuls établissements financiers. Les fournisseurs de solutions informatiques peuvent désormais s’appuyer sur ces interfaces pour développer des services adaptés aux besoins des entreprises, sous réserve de passer par les acteurs homologués.
Cette ouverture pourrait favoriser de nouveaux outils de paiement, de gestion de trésorerie ou de rapprochement des transactions à l’échelle régionale. Elle ne signifie toutefois pas que l’ensemble des entreprises de l’UEMOA disposent déjà de ces services. Leur disponibilité dépendra du déploiement commercial et technique effectué par chaque participant.
La BCEAO précise d’ailleurs que la liste des API Business homologuées sera régulièrement actualisée à mesure que de nouveaux participants achèveront leur processus de conformité. L’enjeu des prochains mois sera donc moins le lancement de PI-SPI que son adoption effective par les entreprises et son intégration dans leurs opérations quotidiennes.




