Le mobile money a atteint un niveau historique dans l’UEMOA en 2025, avec 219 151 milliards de FCFA de transactions, en hausse de 39,7 % sur un an. Selon les chiffres publiés le 20 octobre 2026 par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), cette croissance confirme l’importance grandissante des services financiers mobiles dans les huit pays de l’Union.
Le mobile money franchit un nouveau record dans l’UEMOA
Les transactions réalisées par les services de monnaie électronique ont fortement progressé en 2025. Leur valeur totale est passée de 156 889 milliards de FCFA en 2024 à 219 151 milliards en 2025, soit une augmentation de plus de 62 000 milliards de FCFA en une année.
Le nombre d’opérations suit la même tendance. La BCEAO recense 16,37 milliards de transactions en 2025, contre environ 11,9 milliards un an auparavant. Cela représente une progression de 37,3 %.
Ces résultats montrent que les habitants de l’UEMOA utilisent davantage leur téléphone pour effectuer des opérations financières. Transferts d’argent, paiements chez les commerçants, règlement de factures et retraits constituent les principaux usages de ces services.
La valeur moyenne d’une transaction s’établit autour de 13 400 FCFA. Ce montant illustre la place des opérations courantes dans l’activité du secteur.
Toutefois, les 219 151 milliards de FCFA ne représentent ni les revenus des opérateurs ni de nouvelles richesses créées. Il s’agit de la valeur cumulée des transactions, un même montant pouvant circuler plusieurs fois entre différents comptes.
Quels pays dominent les transactions de mobile money ?
La croissance du mobile money dans l’UEMOA reste inégalement répartie. Trois pays concentrent près de 80 % de la valeur totale des opérations enregistrées en 2025.
La Côte d’Ivoire occupe la première place avec 71 307 milliards de FCFA de transactions. Elle représente environ 32,5 % du marché régional en valeur.
Le Sénégal arrive en deuxième position avec 58 617 milliards de FCFA, devant le Burkina Faso, qui totalise 43 456 milliards. Ces trois économies représentent ensemble plus de 173 000 milliards de FCFA de transactions.
Le Bénin affiche également une activité importante. Avec 2,67 milliards d’opérations, le pays représente environ 16,3 % du nombre total de transactions dans l’Union. Leur valeur atteint cependant 13 938 milliards de FCFA, ce qui traduit un montant moyen plus faible par opération.
Le Mali enregistre 22 309 milliards de FCFA, tandis que le Togo atteint 4 435 milliards. Les montants restent nettement inférieurs au Niger, avec 409 milliards, et en Guinée-Bissau, avec 894 milliards.
Ces différences soulignent les écarts de développement des services financiers mobiles entre les pays de l’Union.
Près de 192 millions de comptes mobile money restent inactifs
Malgré cette progression spectaculaire, les données de la BCEAO révèlent une limite importante : une grande partie des comptes de monnaie électronique n’est pas utilisée régulièrement.
En 2025, l’UEMOA comptait 284,76 millions de comptes ouverts, soit une augmentation de 14,5 % par rapport à 2024.
Cependant, seulement 92,71 millions étaient considérés comme actifs. Le taux d’activité atteignait ainsi 32,56 %, contre 30,90 % l’année précédente.
Autrement dit, environ 192 millions de comptes n’avaient enregistré aucune opération au cours des 90 derniers jours.
Cette situation ne signifie pas que 192 millions de personnes sont exclues du système financier. Un même utilisateur peut posséder plusieurs comptes auprès de différents opérateurs et n’en utiliser qu’un seul régulièrement.
Le nombre de comptes actifs a néanmoins progressé de 20,6 % en un an. Cette évolution indique que l’utilisation effective des services continue de s’étendre, même si elle demeure inférieure au nombre de comptes ouverts.
Quels enjeux pour les paiements mobiles en Afrique de l’Ouest ?
Le développement du mobile money constitue un levier important pour l’inclusion financière dans l’UEMOA.
Selon la BCEAO, le taux global d’inclusion financière a atteint 76,1 % en 2025, contre 73,6 % en 2024. À titre de comparaison, le taux de bancarisation strict s’établit à seulement 26,9 %.
Cette différence montre le rôle joué par les services mobiles dans l’accès aux opérations financières, notamment pour les personnes ne disposant pas d’un compte bancaire classique.
Le réseau de distribution poursuit également son expansion, avec 1,45 million de points de services actifs, en hausse de 50,8 % sur un an.
Parallèlement, la BCEAO développe l’interopérabilité des paiements à travers sa plateforme régionale de paiement instantané, lancée en septembre 2025. L’objectif est de faciliter les transferts entre différents établissements financiers et prestataires.
Pour les prochaines années, l’enjeu ne sera donc pas uniquement d’augmenter les montants échangés. Il faudra aussi favoriser l’utilisation régulière des comptes, améliorer l’accessibilité des services et renforcer la sécurité des transactions.



