La BCEAO a porté à 175 le nombre de participants autorisés à ouvrir les services de PI-SPI au public au 30 septembre 2026. Un an après le lancement du système régional de paiement instantané, le Sénégal et la Côte d’Ivoire concentrent à eux seuls 81 acteurs, tandis que banques, fintechs et opérateurs de mobile money cohabitent désormais sur la même infrastructure.
PI-SPI atteint 175 participants autorisés
La nouvelle liste publiée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest marque une étape dans le déploiement de PI-SPI. Elle recense exactement 175 participants autorisés à ouvrir leurs services au public dans les huit pays de l’UEMOA.
Le Sénégal arrive en tête avec 43 participants. Il devance la Côte d’Ivoire, qui en compte 38. Viennent ensuite le Burkina Faso avec 20 acteurs, le Mali avec 19, le Bénin avec 18, le Togo avec 17, le Niger avec 13 et la Guinée-Bissau avec 7.
Cette répartition montre toutefois que le déploiement reste très inégal. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire totalisent ensemble 81 participants, soit un peu plus de 46 % de la liste régionale.
Il faut aussi distinguer cette nouvelle donnée des chiffres précédemment publiés sur les établissements simplement « connectés » à la plateforme. Le statut annoncé le 30 septembre concerne des acteurs autorisés à ouvrir les services au public, ce qui ne permet pas de mesurer directement leur volume réel de transactions.
Sénégal et Côte d’Ivoire dominent le réseau PI-SPI
La composition de la liste traduit surtout l’élargissement de PI-SPI au-delà du secteur bancaire traditionnel. Les établissements de crédit restent nombreux, mais des opérateurs de monnaie électronique, fintechs et institutions de microfinance apparaissent également parmi les participants.
En Côte d’Ivoire, la liste comprend notamment Orange Money, MTN Money, Moov Money, Wave Côte d’Ivoire, Djamo et Julaya, aux côtés des banques. Au Sénégal, elle fait apparaître Orange Finances Mobiles, Mixx Sénégal, Djamo SN, Julaya et Wave Digital Finance, mais aussi plusieurs institutions de microfinance.
L’apparition de Wave Digital Finance au Sénégal est particulièrement notable. L’entreprise figure bien dans la liste arrêtée au 30 septembre, date qui correspond aussi à l’échéance fixée par la BCEAO aux banques, établissements de monnaie électronique et établissements de paiement pour achever leur intégration.
Cette diversité d’acteurs est essentielle pour l’objectif poursuivi par la Banque centrale : permettre à des clients utilisant des réseaux financiers différents d’effectuer des transactions sans rester enfermés dans l’écosystème d’un seul opérateur.
PI-SPI accélère après un premier semestre plus lent
L’évolution depuis le début de l’année donne une idée de l’accélération du chantier. Au 2 avril 2026, la BCEAO recensait seulement 80 participants connectés : 59 banques, neuf établissements de monnaie électronique, onze institutions de microfinance et un établissement de paiement.
Ce nombre était encore de 80 au 24 juin. À cette date, 74 autres institutions se trouvaient toutefois en phase de test réel. La Banque centrale avait alors décidé de repousser au 30 septembre 2026 l’échéance applicable aux banques, aux établissements de monnaie électronique et aux établissements de paiement. Les institutions de microfinance supervisées disposent, elles, jusqu’au 30 juin 2027.
Les 175 acteurs autorisés fin septembre ne peuvent donc pas être comparés mécaniquement aux 80 établissements connectés d’avril, car les deux indicateurs ne désignent pas exactement le même stade d’intégration. Ils montrent néanmoins que le périmètre opérationnel de PI-SPI s’est fortement élargi en quelques mois.
Un an après son lancement, PI-SPI change d’échelle
La BCEAO avait officiellement lancé PI-SPI à Dakar le 30 septembre 2025, après une phase de tests en conditions réelles. L’infrastructure permet d’effectuer des transferts et des paiements instantanés entre établissements différents, indépendamment du type de compte utilisé. Elle fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
L’enjeu dépasse donc la rapidité du paiement. PI-SPI vise surtout l’interopérabilité entre banques, opérateurs de mobile money, fintechs et institutions de microfinance dans l’ensemble de l’UEMOA. La BCEAO présente cette infrastructure comme un moyen de réduire les barrières entre réseaux financiers et de faciliter également les transactions transfrontalières au sein de l’Union.
Avec 175 participants autorisés un an après son lancement, PI-SPI franchit désormais une étape quantitative importante. La prochaine mesure de son succès dépendra moins du nombre d’établissements inscrits sur la liste que de l’adoption effective du service par leurs clients et de la progression réelle des paiements interopérables.



