Des régulateurs et spécialistes du numérique issus de 17 pays se sont retrouvés à Douala, au Cameroun, du 29 septembre au 2 octobre 2026, pour une rencontre régionale consacrée à la régulation numérique. Intelligence artificielle, cybersécurité, gouvernance des données et nouveaux outils réglementaires ont occupé les échanges organisés sous l’égide de l’Union internationale des télécommunications.
Douala accueille les régulateurs du numérique
L’atelier régional, intitulé « Réglementation numérique pour les technologies transformatrices en Afrique », s’est déroulé pendant quatre jours à Douala.
Selon l’Agence de régulation des télécommunications du Cameroun (ART), la rencontre a réuni environ 100 représentants d’institutions, autorités de régulation et autres acteurs venant de 17 pays. Le directeur général de l’ART, Philémon Zoo Zame, faisait partie des participants.
L’initiative était portée par l’Union internationale des télécommunications (UIT), avec notamment l’appui de la Banque islamique de développement et de la Digital Regulatory Academy de la Commission saoudienne des communications.
L’objectif n’était pas d’adopter une réglementation africaine commune. Il s’agissait avant tout de renforcer les compétences des régulateurs confrontés à des technologies qui évoluent souvent plus rapidement que les cadres juridiques traditionnels.
IA, données et cybersécurité au programme
L’intelligence artificielle faisait partie des principaux thèmes étudiés à Douala. Son développement soulève de nouvelles questions pour les autorités africaines : utilisation des données, responsabilité des acteurs, sécurité des systèmes ou encore protection des utilisateurs.
La gouvernance des données et les flux transfrontaliers ont également occupé une place importante. Ces questions prennent de l’ampleur avec la multiplication des services numériques utilisés simultanément dans plusieurs pays.
La cybersécurité constitue un autre chantier majeur. L’essor des paiements numériques, des administrations en ligne, des plateformes et des infrastructures connectées accroît l’exposition des États, entreprises et particuliers aux cyberattaques.
Les participants ont aussi travaillé sur la régulation collaborative. Cette approche cherche à faire travailler ensemble plusieurs autorités publiques lorsqu’un service numérique relève à la fois des télécommunications, de la concurrence, des données personnelles ou des services financiers.
Les « sandbox réglementaires » gagnent du terrain
La formation a également abordé les « sandbox réglementaires », ou bacs à sable réglementaires.
Le principe consiste à permettre à une entreprise de tester temporairement un service innovant dans un environnement contrôlé et sous la supervision d’une autorité. Le régulateur peut ainsi observer les risques et adapter son approche avant une éventuelle commercialisation à plus grande échelle.
Ce mécanisme est particulièrement utilisé dans la fintech, mais son champ d’application s’étend progressivement à l’intelligence artificielle et à d’autres technologies émergentes.
Pour les régulateurs africains, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre deux impératifs : favoriser l’innovation et maintenir des garanties suffisantes pour les consommateurs, les entreprises et les infrastructures critiques.
La rencontre de Douala devait précisément encourager une réglementation davantage fondée sur les données et capable de s’adapter plus rapidement aux innovations technologiques.
Pas encore de cadre réglementaire africain commun
L’atelier ne signifie toutefois pas que les 17 pays représentés se sont entendus sur de nouvelles règles communes.
Chaque État conserve son propre cadre juridique et ses institutions. Les niveaux de développement réglementaire diffèrent également fortement selon les pays, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de la protection des données et de la cybersécurité.
La rencontre traduit plutôt une volonté de rapprocher les méthodes de travail et de partager les expériences entre autorités.
Cette coopération devient plus importante à mesure que les services numériques dépassent les frontières nationales. Une plateforme, un fournisseur de cloud, une fintech ou un système d’intelligence artificielle peut servir simultanément des utilisateurs installés dans plusieurs pays africains.
L’enjeu pour les régulateurs consiste donc désormais à suivre des technologies transfrontalières sans freiner leur développement. L’atelier de Douala constitue une étape de formation et de coopération dans cette direction, mais les décisions réglementaires resteront du ressort des autorités nationales et des institutions régionales compétentes.



