Le régulateur camerounais des télécommunications veut rendre plus facile l’identification des opérateurs réellement autorisés à exercer dans le pays. L’Agence de régulation des télécommunications (ART) prépare un répertoire 2026 destiné à distinguer les prestataires agréés des acteurs non autorisés ou frauduleux.
Un nouveau répertoire des opérateurs agréés au Cameroun
L’ART a annoncé le 15 septembre 2026 l’élaboration d’un répertoire actualisé des opérateurs et fournisseurs de services de communications électroniques. Les entreprises concernées ont jusqu’au 30 septembre pour renseigner le formulaire d’identification mis à leur disposition par le régulateur.
L’objectif dépasse une simple mise à jour administrative. L’agence présente le futur annuaire comme un « instrument de régulation et de protection des consommateurs ». Il doit permettre au public de vérifier plus facilement quels prestataires disposent effectivement des autorisations nécessaires pour proposer leurs services au Cameroun.
Le site de l’ART affiche actuellement 144 opérateurs agréés, avec leur raison sociale, leur localisation et, lorsque l’information est disponible, la nature des services autorisés. La liste couvre notamment les services Internet, les communications électroniques, les services à valeur ajoutée ou encore la revente de trafic téléphonique.
Les prestataires non autorisés dans le viseur
L’initiative intervient dans un marché où l’ART veut mieux distinguer les entreprises régulièrement enregistrées des acteurs qui proposent des services sans disposer du statut requis. Certains médias spécialisés évoquent une prolifération de prestataires non agréés. Le régulateur, de son côté, insiste surtout sur la nécessité de fournir une information officielle et vérifiable aux consommateurs.
La nuance est importante. Le communiqué du 15 septembre n’annonce pas une vaste opération de fermeture de « réseaux clandestins », ni une nouvelle vague de sanctions. Il porte d’abord sur l’identification et la mise à jour des opérateurs et fournisseurs autorisés. Présenter cette opération comme une répression déjà engagée irait donc au-delà de ce qu’a officiellement annoncé l’ART.
Le répertoire doit néanmoins faciliter la détection des anomalies. Pour un particulier ou une entreprise, l’absence d’un prestataire dans les données officielles pourra constituer un signal invitant à vérifier son statut avant de souscrire un service ou d’effectuer un paiement.
Les marchés publics également concernés
L’annuaire 2026 ne vise pas uniquement les consommateurs. L’ART estime qu’il pourra également améliorer la traçabilité des entreprises intervenant dans les marchés publics liés aux télécommunications. Les administrations et partenaires institutionnels disposeront ainsi d’une référence supplémentaire pour vérifier l’identité et le statut réglementaire d’un fournisseur.
Cette démarche intervient alors que les enjeux de qualité et de sécurité des réseaux restent au centre de l’action du régulateur. Le 10 septembre, quelques jours avant l’annonce du répertoire, le directeur général de l’ART, Philémon Zoo Zame, a rencontré les dirigeants de MTN Cameroon et Orange Cameroun. Les discussions ont porté notamment sur la qualité de service, la sécurité des réseaux et la couverture du territoire.
L’ART avait par ailleurs sanctionné MTN Cameroon et Orange Cameroun en 2025 à hauteur de 2,6 milliards de FCFA au total pour des manquements concernant notamment la couverture, la qualité de service et la tarification. Cette décision concernait des opérateurs légalement établis et ne doit donc pas être confondue avec la question des prestataires non autorisés.
Un outil utile, mais qui ne remplacera pas les contrôles
La publication d’un répertoire actualisé peut réduire l’asymétrie d’information entre fournisseurs et clients. Elle permettra surtout aux usagers de confronter les affirmations commerciales d’une société aux données du régulateur.
Elle ne suffira toutefois pas, à elle seule, à faire disparaître les opérateurs illégaux. L’efficacité du dispositif dépendra aussi de l’actualisation régulière des informations, des contrôles de terrain et des éventuelles mesures prises contre les entreprises qui fournissent des services sans autorisation.
Pour l’ART, l’enjeu est donc double : protéger les consommateurs tout en assainissant un marché devenu essentiel à la transformation numérique du Cameroun. Le contenu final du répertoire 2026 permettra de mesurer plus précisément l’ampleur du secteur réglementé et les écarts avec les prestataires qui opèrent en dehors du cadre officiel.




