Le Ghana a enregistré 3 876 incidents de cybersécurité entre janvier et juillet 2026, dont 1 818, soit environ 47 %, étaient liés à la fraude en ligne. Ces chiffres accompagnent le lancement du mois national de sensibilisation à la cybersécurité, consacré cette année à la protection de la finance numérique.
La fraude en ligne représente près d’un incident sur deux
Les données communiquées début octobre montrent le poids pris par les fraudes dans les signalements cyber au Ghana. Sur les 3 876 incidents recensés au cours des sept premiers mois de l’année, 1 818 concernaient des fraudes en ligne.
Il ne s’agit pas nécessairement de 3 876 attaques réussies. Le total regroupe les incidents enregistrés par les autorités, avec des niveaux de gravité et des conséquences qui peuvent varier fortement.
Mohammed Adams Sukparu, vice-ministre de la Communication, des Technologies numériques et de l’Innovation, a présenté ces chiffres dans le cadre du National Cyber Security Awareness Month 2026. Les autorités y voient un signal d’alerte alors que les transactions numériques prennent une place croissante dans l’économie ghanéenne.
Les fraudeurs ciblent notamment les utilisateurs de services financiers en ligne à travers l’usurpation d’identité, les fausses demandes de paiement, les détournements de transactions ou encore la compromission de comptes.
Le mobile money accroît les enjeux de cybersécurité
Le Ghana a connu une forte diffusion du mobile money, des applications bancaires et des services proposés par les fintechs. Cette évolution facilite l’accès aux paiements et aux services financiers, mais élargit aussi la surface d’exposition aux tentatives de fraude.
Pour les autorités, le problème ne concerne donc plus uniquement les spécialistes de la sécurité informatique. Il touche directement les particuliers, les commerçants, les banques, les opérateurs télécoms et les plateformes de paiement.
Un utilisateur peut aujourd’hui transférer de l’argent, payer un service ou accéder à son compte bancaire depuis son téléphone. Cette simplicité devient aussi une cible pour des escrocs capables d’exploiter un message frauduleux, une fausse identité ou un mot de passe compromis.
Le gouvernement cherche ainsi à renforcer la confiance dans la finance numérique sans ralentir son développement. L’objectif consiste autant à améliorer les systèmes de sécurité qu’à réduire les erreurs humaines exploitées par les fraudeurs.
Un mois consacré à la sécurité de la finance numérique
Le National Cyber Security Awareness Month se déroule du 1er au 31 octobre. Son thème porte sur la sécurisation de l’écosystème financier numérique et sur le renforcement de la confiance par la collaboration et la résilience cyber.
La Cyber Security Authority a retenu plusieurs priorités : sécuriser les services financiers numériques, prévenir la cybercriminalité, améliorer la résilience des infrastructures critiques et développer de meilleures pratiques de cybersécurité.
La campagne insiste également sur l’hygiène numérique. Cela recouvre des gestes simples comme protéger ses identifiants, vérifier une demande de paiement inhabituelle, éviter de transmettre des codes confidentiels et signaler rapidement les tentatives de fraude.
Les autorités veulent aussi renforcer la coopération entre banques, fintechs, opérateurs télécoms, forces de l’ordre, régulateurs et utilisateurs. Leur constat est qu’aucun acteur ne peut sécuriser seul l’ensemble de l’écosystème numérique.
L’intelligence artificielle entre aussi dans le programme
La campagne se poursuivra tout au long du mois avec des ateliers, des formations et des rencontres professionnelles. Plusieurs événements seront consacrés à la protection des infrastructures critiques, à la sensibilisation du public et à la sécurité des organisations.
Les 29 et 30 octobre, une session spécifique doit aborder la gouvernance de l’intelligence artificielle et la sécurité future de la finance numérique. Le sujet prend de l’importance alors que l’IA peut servir à renforcer la détection des fraudes, mais aussi à automatiser certaines formes d’escroquerie ou d’usurpation.
Pour le Ghana, l’enjeu dépasse donc la campagne d’octobre. La progression des paiements numériques implique une adaptation permanente des mécanismes de protection.
Les 3 876 incidents recensés en sept mois donnent une mesure de cette pression. La capacité du pays à maintenir la confiance dans le mobile money, les fintechs et les services bancaires numériques dépendra désormais autant de l’innovation financière que de la sécurité qui l’accompagne.



