Le FBI a saisi plus de 560 000 dollars en cryptomonnaies que les autorités américaines présentent comme destinés au financement du Hamas. Le département américain de la Justice (DOJ) a annoncé l’opération le 1er septembre 2026, dans le cadre d’une série d’actions visant à perturber les circuits de financement du mouvement palestinien, désigné comme organisation terroriste par les États-Unis.
Au-delà des fonds récupérés, l’opération met en lumière l’utilisation croissante des cryptomonnaies et des infrastructures numériques pour collecter des dons, recruter des soutiens et déplacer des capitaux à travers les frontières.
Plus de 560 000 dollars en cryptomonnaies saisis
Selon le DOJ, les autorités américaines ont récupéré environ 560 000 dollars en actifs numériques au moyen de trois mandats de saisie exécutés les 25 mars, 25 juin et 10 octobre 2025.
Les fonds étaient associés à un dispositif de collecte présenté par les enquêteurs comme étant lié à la branche militaire du Hamas, les Brigades Al-Qassam. Les autorités américaines affirment avoir suivi les mouvements des cryptomonnaies avant de procéder aux saisies.
L’annonce de septembre 2026 intervient donc plusieurs mois après les opérations financières elles-mêmes. Le DOJ présente cette intervention comme une nouvelle étape dans ses efforts pour interrompre les mécanismes utilisés par le Hamas afin de lever des fonds.
Des sites et serveurs également ciblés par le FBI
L’opération ne s’est pas limitée aux cryptomonnaies. Le FBI a également pris le contrôle de noms de domaine et de serveurs utilisés dans le cadre du dispositif de collecte.
Ces infrastructures en ligne auraient notamment servi à présenter des appels aux dons et à recruter de nouveaux soutiens. Leur neutralisation vise ainsi à couper l’accès aux outils numériques permettant d’entretenir le réseau de financement.
Cette dimension illustre l’approche adoptée par les autorités américaines : suivre les flux financiers tout en s’attaquant aux infrastructures numériques qui facilitent leur collecte.
Un réseau fondé sur des adresses crypto changeantes
D’après les éléments communiqués par les autorités, le système reposait notamment sur un groupe de discussion chiffré et un site internet consacré à la collecte de fonds.
Les personnes souhaitant effectuer un don étaient orientées vers différentes adresses de cryptomonnaies, lesquelles pouvaient être modifiées au fil du temps. Cette rotation des adresses pouvait compliquer le suivi du dispositif, sans pour autant empêcher les enquêteurs de reconstituer les transactions.
La blockchain a précisément joué un rôle dans cette enquête. Si elle permet de transférer des actifs numériques sans passer systématiquement par le système bancaire traditionnel, les transactions effectuées sur de nombreuses blockchains publiques laissent également une trace consultable et analysable.
Des milliers de personnes identifiées par les enquêteurs
Les autorités américaines indiquent par ailleurs avoir identifié des milliers de personnes ayant pris contact avec l’organisation dans l’intention de réaliser des dons.
L’enquête aurait combiné l’analyse des transactions en cryptomonnaies avec des informations provenant de sources humaines, permettant aux enquêteurs d’identifier les circuits de collecte et de remonter jusqu’aux fonds.
Cette combinaison entre renseignement traditionnel et analyse de la blockchain constitue un élément important de l’opération. Elle montre que les cryptomonnaies ne sont pas nécessairement synonymes d’anonymat : les mouvements de fonds peuvent être retracés lorsqu’ils sont associés à des adresses ou à des informations permettant d’identifier leurs utilisateurs.
La blockchain, un outil à double tranchant pour les enquêteurs
L’affaire rappelle une particularité fondamentale des cryptomonnaies. Les actifs numériques peuvent être utilisés pour transférer rapidement des fonds à l’international et contourner certains intermédiaires financiers traditionnels. Mais sur les réseaux publics, les transactions restent généralement enregistrées de manière permanente.
Les enquêteurs spécialisés peuvent donc analyser les mouvements entre différentes adresses, identifier des schémas de transactions et, lorsqu’ils disposent d’informations complémentaires, relier certaines adresses à des individus ou à des organisations.
Dans ce dossier, cette traçabilité aurait contribué à localiser les fonds avant leur saisie. Elle souligne également le rôle potentiel des plateformes d’échange et des prestataires de services crypto dans la détection des opérations suspectes.
Une annonce du DOJ qui intervient en 2026
Il convient de distinguer la date des saisies de celle de leur annonce publique. Les trois saisies de cryptomonnaies mentionnées par le DOJ ont été réalisées en 2025, tandis que l’annonce officielle de l’opération est intervenue le 1er septembre 2026.
D’autres mesures visant les infrastructures numériques associées au dispositif ont également été prises en 2026.
Le calendrier montre que les enquêtes sur les réseaux de financement en cryptomonnaies peuvent s’inscrire dans la durée. Entre l’identification des transactions, leur traçage, la collecte de renseignements et les procédures judiciaires nécessaires aux saisies, plusieurs mois peuvent s’écouler avant qu’une opération soit rendue publique.
Une nouvelle pression sur le financement du Hamas
Pour le DOJ, la saisie de ces actifs numériques constitue une nouvelle mesure destinée à perturber les mécanismes de financement du Hamas.
L’opération intervient dans un contexte où les autorités américaines accordent une attention croissante à l’utilisation des cryptomonnaies par les organisations et réseaux soumis à des sanctions ou soupçonnés de participer au financement d’activités terroristes.
Le dossier rappelle surtout que la lutte contre le financement illicite ne se limite plus aux comptes bancaires traditionnels. Les services d’enquête doivent désormais surveiller des écosystèmes mêlant cryptomonnaies, messageries chiffrées, sites internet et infrastructures techniques réparties dans plusieurs juridictions.




