Le président rwandais Paul Kagame a été nommé coprésident d’une nouvelle commission mondiale des Nations unies consacrée à la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA). Cette décision, annoncée par le secrétaire général Antonio Guterres, confère au Rwanda une place de premier plan dans les discussions internationales sur l’encadrement et le développement de cette technologie.
Une commission chargée de définir les grandes orientations de l’IA
La nouvelle instance réunira des responsables politiques, des chercheurs, des représentants du secteur privé et de la société civile afin de formuler des recommandations sur les usages de l’intelligence artificielle. Son objectif est de proposer un cadre favorisant un développement de l’IA à la fois inclusif, sûr et bénéfique à l’échelle mondiale.
Paul Kagame partagera la coprésidence avec Marc Benioff, directeur général de Salesforce, tandis que Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’Union internationale des télécommunications (UIT), occupera le poste de vice-présidente.
Cette commission s’inscrit dans le prolongement des travaux engagés par l’ONU depuis 2023 sur la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Les recommandations attendues devront notamment contribuer à renforcer la coopération internationale, encourager l’innovation et accompagner les États dans l’élaboration de leurs politiques nationales.
Le Rwanda confirme son ambition dans la gouvernance numérique
Cette nomination renforce la visibilité du Rwanda sur les questions liées aux technologies émergentes. Le pays a récemment créé une Agence nationale de l’intelligence artificielle, chargée de coordonner la mise en œuvre de sa stratégie nationale adoptée en 2023, d’attirer des investissements et de développer des partenariats internationaux.
Au fil des années, Kigali s’est imposée comme un acteur actif de la diplomatie numérique en Afrique, en accueillant plusieurs rencontres internationales consacrées aux nouvelles technologies et en participant à diverses initiatives multilatérales.
Paul Kagame copréside déjà la Broadband Commission for Sustainable Development, une initiative conjointe de l’UIT et de l’UNESCO consacrée au développement de l’accès au haut débit. Sa nomination à la tête de cette nouvelle commission onusienne renforce ainsi la présence africaine dans les débats internationaux sur l’intelligence artificielle.
Pour les pays du continent, cette représentation intervient alors que les discussions sur la gouvernance de l’IA restent largement dominées par les grandes puissances technologiques. Les travaux de la commission pourraient influencer les futures orientations internationales concernant la régulation, l’accès aux technologies d’intelligence artificielle et leur utilisation responsable, avec une attention particulière portée aux besoins des économies en développement.

