Un wallet identifié comme impliqué dans le piratage de Coinbase refait parler de lui. En pleine accalmie sur le marché, l’adresse en question a investi 8 millions de dollars en Solana, selon les données de Lookonchain. Cette activité attire à nouveau l’attention sur l’ampleur des détournements de fonds liés aux hacks crypto et sur la capacité de certains acteurs malveillants à opérer en toute impunité.
Un wallet surveillé injecte 8 M$ sur Solana
Le 25 août, les analystes de la plateforme Lookonchain ont détecté un mouvement inhabituel : l’achat de 38 126 tokens SOL, pour un total de 8 millions de dollars, par une adresse associée au hack de Coinbase. Le wallet en question a d’abord converti du DAI en USDC avant de transférer les fonds vers le réseau Solana pour procéder à plusieurs achats au prix unitaire moyen de 209 dollars.
Selon la plateforme Arkham Intelligence, cette adresse serait directement liée au détournement de plus de 300 millions de dollars de fonds utilisateurs sur Coinbase. Malgré cette opération d’envergure, le cours du SOL est repassé sous la barre des 203 dollars, générant une perte théorique sur cette position. Ces mouvements relancent les interrogations sur les intentions réelles du hacker et sur sa stratégie de liquidation.
Des précédents récents sur Ethereum et Radiant Capital
Ce n’est pas la première fois que ce wallet attire l’attention. En juillet, Lookonchain avait déjà repéré plusieurs opérations majeures. Le 7 juillet, 4 863 ETH avaient été acquis pour 12,55 millions de dollars, suivis le 19 juillet de 649 ETH supplémentaires pour 2,3 millions. Deux semaines plus tôt, le détenteur de l’adresse avait liquidé 26 762 ETH, empochant alors 69,25 millions de dollars.
En parallèle, un autre wallet, cette fois lié au piratage du protocole Radiant Capital, a montré une activité intense. Entre le 14 et le 17 août, le pirate a acheté puis revendu des ethers, engrangeant un profit de 2,7 millions de dollars.
D’après Lookonchain, sa réserve est passée de 49,5 à 105 millions de dollars depuis l’exploit initial de 58 millions, survenu en octobre 2024 sur BNB Chain et Arbitrum. Au 14 août, il détenait 21 957 ETH, évalués à 103 millions de dollars.
Ces actions soulèvent de nouvelles questions. D’un côté, certains hackers semblent transformer leurs butins en véritables portefeuilles d’investissement. De l’autre, des cas de mauvaise gestion de fonds volés persistent. Lookonchain a notamment signalé un wallet identifié comme suspect ayant perdu 6,9 millions de dollars en juillet après avoir vendu ses ETH avant un rebond. Une autre vente le 15 août, lors d’une baisse du marché, lui aurait néanmoins permis de récupérer 9,75 millions.
Les mouvements récents de ces wallets issus de hacks majeurs soulignent un paradoxe, car les pirates, bien qu’à la tête de fonds colossaux, se montrent souvent maladroits en trading. Dans le même temps, Coinbase fait l’objet d’une attention particulière après des pertes estimées à 330 millions de dollars par l’enquêteur on-chain ZachXBT, tandis que des plateformes comme Radiant Capital peinent à endiguer les effets de leurs vulnérabilités de sécurité. Ces affaires renforcent le besoin urgent d’outils de traçabilité renforcée et de régulation adaptée aux flux on-chain. Mais elles soulignent aussi les limites d’un écosystème encore trop souvent incapable d’empêcher le recyclage de fonds illicites à grande échelle.
