La Banque africaine de développement (BAD), le PNUD, Google et Apolitical lancent une formation IA gratuite destinée aux agents publics africains. Le programme veut aider les administrations à comprendre les usages, les risques et les conditions d’adoption de l’intelligence artificielle dans les services publics.
Une formation IA gratuite pour les agents publics africains
Le programme a été annoncé le 25 septembre 2026, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York. Il associe le Groupe de la Banque africaine de développement, l’AI Hub for Sustainable Development du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Google et la plateforme Apolitical.
La formation s’inscrit dans le Government AI Campus développé par Apolitical. L’inscription est gratuite pour les fonctionnaires et responsables gouvernementaux en exercice dans les pays membres régionaux de la BAD. Elle cible notamment ceux qui travaillent sur l’intelligence artificielle appliquée aux services publics, aux infrastructures numériques, aux partenariats public-privé ou à l’innovation.
Les cours sont accessibles en ligne et peuvent être suivis au rythme de chaque participant. La BAD a indiqué que les inscriptions étaient déjà ouvertes au moment de l’annonce.
Stanford et Bocconi participent à la conception des cours
Trois parcours sont notamment proposés. Le premier porte sur les fondamentaux de l’IA pour les agents publics, avec un accent sur les opportunités, les risques et les stratégies d’utilisation. Le deuxième aborde le leadership dans l’administration, la confiance et le développement des compétences. Le troisième concerne l’utilisation de l’IA pour améliorer les marchés publics.
Les formations ont été développées par Stanford University Online et la SDA Bocconi School of Management. Google et Apolitical fournissent pour leur part la plateforme d’apprentissage et des contenus pédagogiques.
L’objectif ne consiste donc pas uniquement à apprendre aux fonctionnaires à utiliser des outils génératifs. Le dispositif vise aussi à renforcer leur capacité à évaluer les risques, à encadrer les usages et à intégrer l’IA dans les politiques publiques.
« L’IA transforme notre façon de travailler », a déclaré Ousmane Fall, directeur du département du Développement industriel et commercial de la BAD. Selon lui, les gains de productivité dépendront notamment de la capacité des utilisateurs à comprendre réellement les applications de ces technologies.
La BAD veut renforcer les compétences numériques des administrations
Cette formation constitue l’une des premières applications concrètes des recommandations formulées par la BAD dans son rapport sur les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle en Afrique.
Publié en décembre 2025, ce document estime qu’un déploiement inclusif de l’IA pourrait générer jusqu’à 1 000 milliards de dollars de produit intérieur brut supplémentaire en Afrique d’ici 2035. Cette estimation correspond toutefois à un potentiel économique conditionné à plusieurs facteurs, et non à des gains déjà acquis.
La BAD identifie notamment les compétences et une gouvernance digne de confiance parmi les conditions nécessaires pour concrétiser cette croissance potentielle.
Keyzom Ngodup Massally, directrice de l’AI Hub for Sustainable Development et responsable des programmes numériques et d’IA au PNUD, estime que les gouvernements africains doivent renforcer rapidement leurs capacités « institutionnelles et techniques » pour pouvoir participer pleinement à l’économie de l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle gagne du terrain dans la stratégie de la BAD
Le programme de formation s’inscrit dans une série d’initiatives consacrées à l’IA et à la transformation numérique du continent. Le 9 septembre, la BAD et la Corée du Sud avaient déjà signé une lettre d’intention visant à créer un Hub Corée-Afrique sur l’intelligence artificielle.
Cette future plateforme doit réunir gouvernements, institutions financières, universités, centres de recherche et entreprises autour de projets liés à l’IA et aux infrastructures numériques.
Le dispositif annoncé avec le PNUD, Google et Apolitical cible cette fois directement les administrations. Il répond à un problème différent : disposer non seulement d’infrastructures et de financements, mais aussi de fonctionnaires capables d’évaluer, d’encadrer et d’utiliser les technologies émergentes.
La portée réelle du programme dépendra cependant du nombre de participants formés et surtout de la manière dont ces compétences seront ensuite utilisées dans les administrations nationales. Pour la BAD, le développement du capital humain apparaît désormais comme l’un des leviers indispensables pour transformer le potentiel de l’IA en gains concrets pour les services publics africains.




