Face à l’urgence climatique et à la nécessité de comprendre l’évolution rapide de nos écosystèmes, la précision des données environnementales devient stratégique. Google DeepMind dévoile AlphaEarth Foundations, un modèle d’IA présenté comme un « satellite virtuel » capable de cartographier la Terre à une échelle inédite. Une avancée qui pourrait transformer la manière dont scientifiques et décideurs suivent les changements environnementaux.
Un « satellite virtuel » pour observer la planète
Lors d’une conférence de presse en juillet, Christopher Brown, ingénieur de recherche chez Google DeepMind, a décrit AlphaEarth Foundations comme un outil capable de « cartographier le monde à n’importe quel endroit et à n’importe quel moment ». Selon lui, cette technologie met fin à la dépendance envers « un seul satellite qui passe au-dessus de la tête » des chercheurs.
Le système compile des milliers de milliards d’images issues de sources variées : satellites, radars, relevés laser en 3D et simulations climatiques. Il couvre toutes les terres émergées ainsi que les zones côtières pour produire des données précises à l’échelle de 10 mètres carrés.

Un outil déjà adopté par la recherche internationale
Les tests menés sur des données de 2017 à 2024 montrent que l’IA surpasse ses concurrents, réduisant le taux d’erreur moyen de 24 % pour l’identification de l’usage des sols et des caractéristiques de surface. Google affirme que le stockage optimisé de ces données facilite leur exploitation à grande échelle.
Plus de cinquante organisations dans le monde utilisent déjà AlphaEarth Foundations. Au Brésil, l’initiative environnementale MapBiomas s’en sert pour analyser plus rapidement et avec plus de précision les évolutions agricoles et forestières, notamment dans l’Amazonie. « Les nouvelles cartes sont plus exactes, plus précises et plus rapides à produire », a expliqué son fondateur Tasso Azevedo dans un communiqué.
Si cette IA confirme son potentiel, elle pourrait devenir un instrument clé pour surveiller la déforestation, anticiper les tensions sur les ressources en eau ou évaluer l’expansion urbaine. En rendant ces données disponibles via Google Earth Engine, l’entreprise entend stimuler la recherche et encourager une approche proactive face aux enjeux climatiques.
Avec AlphaEarth Foundations, Google DeepMind s’inscrit dans une tendance où l’IA convertit le flux continu d’images satellites en outils opérationnels pour la science. Les perspectives sont considérables, avec notamment le suivi de la sécurité alimentaire, l’observation des impacts du changement climatique et la planification de politiques environnementales. Reste à voir si cette puissance de calcul et d’analyse se traduira, sur le terrain, par des décisions plus rapides et plus efficaces.
