Wall Street franchit une nouvelle étape dans son rapprochement avec l’univers crypto. Les prêts garantis par des actifs numériques séduisent de plus en plus d’acteurs financiers, portés par un avantage décisif : la liquidité permanente des marchés onchain. Cette dynamique révèle un tournant stratégique où la finance traditionnelle (TradFi) explore des mécanismes de crédit reposant sur le bitcoin, l’ether et d’autres tokens.
La montée des prêts garantis par actifs numériques
Fabian Dori, directeur des investissements chez la banque d’actifs numériques Sygnum, souligne l’atout majeur de ces prêts : la gestion en continu des garanties. « Il est préférable d’avoir les tokens en direct comme garantie, car cela permet une gestion 24h/24 et 7j/7 », explique-t-il Pour lui, la possibilité d’exécuter des appels de marge à tout moment rend les collatéraux onchain beaucoup plus attractifs que les ETF traditionnels.
Cette flexibilité se traduit aussi par de meilleurs ratios prêt/valeur (LTV). Plus la garantie est liquide, plus les prêteurs acceptent d’augmenter le montant disponible pour l’emprunteur. Dans le cas du bitcoin ou de l’ether, la liquidation en temps réel offre aux institutions un contrôle renforcé sur le risque. À l’inverse, les ETF, soumis aux horaires des marchés, compliquent la gestion des positions en dehors des heures d’ouverture.
Un marché en plein redémarrage
Après l’effondrement des prêteurs centralisés en 2022, le crédit crypto reprend de la vigueur. Fabian Dori admet que « les prêts garantis par crypto restent à un stade précoce », mais il se montre optimiste sur leur avenir à mesure que l’adoption progresse. Cette résilience contraste avec les faillites qui avaient gelé la confiance du marché il y a trois ans.
Les institutions financières s’intéressent de plus en plus à ce modèle. Figure Technology, spécialisée dans les prêts adossés à la crypto, a fait son entrée au Nasdaq avec une capitalisation de 6,8 milliards de dollars, selon Yahoo Finance. Son action a bondi de plus de 24 % dès la première séance. De son côté, JP Morgan envisage de lancer ses propres prêts garantis par crypto d’ici 2026 si le projet reçoit le feu vert en interne.
Ces signaux confirment que les actifs numériques s’installent progressivement dans les circuits traditionnels du crédit. Leur adoption pourrait transformer le financement des particuliers comme des entreprises, mais des incertitudes demeurent. La volatilité des cours, la régulation à venir et la solidité des modèles économiques détermineront la vitesse et l’ampleur de cette intégration.
La percée des prêts garantis par crypto à Wall Street illustre le rapprochement inédit entre la finance classique et l’écosystème numérique. Si la liquidité onchain offre un avantage technique indéniable, la réussite de ce modèle dépendra de la capacité des institutions à gérer les risques et à s’adapter aux futures contraintes réglementaires. Pour les emprunteurs, cette tendance pourrait ouvrir l’accès à de nouvelles sources de financement. Pour les banques, elle marque le début d’une ère où le bitcoin et l’ether deviennent des garanties à part entière.
