Nick Szabo, figure emblématique du mouvement cypherpunk, a brisé cinq ans de silence sur X. Son intervention relance le débat houleux autour de la prochaine mise à jour de Bitcoin Core. Les discussions portent sur des changements techniques qui pourraient transformer l’usage du réseau et accentuer les divisions entre développeurs.
Une mise à jour au cœur des tensions
Les développeurs de Bitcoin Core ont annoncé un nouveau candidat à la version 30 (v30.0rc2). Le projet parle d’une « nouvelle version majeure ». Elle introduira un format de portefeuille modernisé et un système de commandes simplifié. Mais la controverse porte sur l’opcode OP_RETURN, qui permet d’ajouter des données arbitraires dans les transactions.
Cette modification supprime le plafond de 80 octets pour laisser place à une limite théorique proche de 4 mégaoctets par sortie. Les puristes estiment que « le réseau ne devrait être utilisé que pour des transactions financières, et non pour le stockage de données ». Ils redoutent une inflation de la taille de la blockchain et une hausse des coûts pour chaque nœud.
Le retour de Szabo dans le débat
Nick Szabo est revenu sur X avec une série de publications pour alerter la communauté. Selon lui, les frais de réseau agissent comme un « filtre anti-spam », mais ils ne suffisent pas à « protéger l’ensemble des nœuds ». Il prévient que l’extension de l’OP_RETURN « aggravera probablement ce problème » et « augmentera également les risques juridiques ».

Il rappelle que la responsabilité des nœuds face aux données nuisibles reste « une question juridique ouverte presque partout ». Une affaire citée par l’avocat Joe Carlas avait conclu que les opérateurs de nœuds ne sont pas responsables s’ils n’ont pas connaissance ou contrôle des informations stockées.
Szabo nuance cependant. Les données cachées par d’autres procédés sont moins visibles, tandis qu’un contenu illégal dans un format standard « est plus susceptible d’impressionner les avocats, les juges et les jurés, et est donc légalement plus risqué ».
Ces mises en garde montrent que le débat ne se limite pas à des questions techniques. Il touche aussi aux responsabilités légales et à la perception des autorités. La sortie de Bitcoin Core v30, attendue pour fin octobre, pourrait ainsi marquer un tournant délicat pour l’avenir du protocole.